ESSAI SUR LE RÈGNE DE L’EMPEREUR DOMITIEN

 

CHAPITRE V. — L’ITALIE, LES PROVINCES, L’ARMÉE.

 

 

Le gouvernement de Domitien eut des effets bienfaisants en Italie.

Cet empereur prit au sujet des subsécives une mesure qui rendit la sécurité à beaucoup de cultivateurs italiens, troublés par des réclamations inopportunes de Vespasien et de Titus.

Le mot subseciva s’appliquait à différentes catégories de terres[1] :

a) Lors de la fondation d’une colonie, les arpenteurs (agrimensores) traçaient du Sud au Nord et de l’Est à l’Ouest deux séries de lignes qui, se coupant à angle droit, limitaient des lots (centuriæ), en forme de rectangles parfaits. Comme le terrain concédé n’avait pas une configuration régulière, des espaces plus ou moins considérables s’étendaient, après l’opération des arpenteurs, entre ses limites naturelles et les limites artificielles de la surface divisée en centuries. On les appelait subseciva[2], quand ils avaient moins de deux cents jugères (superficie ordinaire d’une centurie), et loca extraclusa quand ils étaient plus grands ; juridiquement ces loca étaient assimilés aux subseciva[3].

b) A l’intérieur même de la surface mesurés, il y avait une certaine quantité de terres qui, lois du partage du sol, n’avaient pas été distribuées, à cause de leur aridité ou du nombre trop restreint des colons. C’étaient des subseciva[4] (ayant une superficie inférieure à celle d’une centurie) ou des loca relicta (d’une superficie plus grande), juridiquement assimilés comme les loca extraclusa aux subseciva[5].

c) Quelquefois, si le territoire destiné à la colonie était d’une étendue insuffisante, on achetait ou on confisquait dans les cites voisines des terres[6] que l’on divisait ensuite en centuries régulières et où il pouvait y avoir, soit après l’arpentage, soit après l’assignation, des subseciva, des loca extraclusa et relicta[7].

Les subsécives appartenaient de droit à l’autorité qui avait fait l’assignation[8], c’est-à-dire, pour les colonies militaires, au prince. Il pouvait les vendre ou les donner, soit à des particuliers dans une nouvelle distribution, soit aux communes (colonies ou municipes) sur le territoire desquelles elles se trouvaient[9], et il cessait d’en être propriétaire. — Quant aux subsécives non vendues ou non cédées, beaucoup d’entre elles furent occupées peu à pou par les cultivateurs voisins, sans que les empereurs réclamassent[10] ; elles continuèrent néanmoins à appartenir de plein droit au prince, car à l’égard des biens fiscaux, il n’y avait pas de prescription.

Vespasien, qui trouva l’État dans de grands embarras financiers, fit revivre ce droit de propriété. Il reprit pour les mettre en vente un grand nombre de subsécives occupées irrégulièrement[11]. — Les communes imitèrent cet exemple ; beaucoup d’entre elles en effet étaient propriétaires de subsécives qui leur avaient été concédées autrefois par des empereurs, mais que, depuis, des particuliers avaient prises : elles les réclamèrent[12]. — Justes au point de vue du droit strict, ces revendications étaient inopportunes (immédiatement après une guerre civile très funeste aux Italiens)[13] et même dans plus d’un cas contraires à l’équité, car souvent ceux qu’elles frappaient avaient acquis des subsécives par héritage, par don, par achat, sans même savoir que l’État ou les communes en fussent propriétaires ; ils avaient passé de longues années à défricher des terres en général incultes. Aussi toute l’Italie s’émut-elle ; des députations furent envoyées à Vespasien, qui consentit à suspendre ses poursuites[14]. Mais Titus les reprit[15].

Domitien régla définitivement la question des subsécives, peut-être à la suite d’un procès qu’il eut à juger. En tout cas, ce procès fut antérieur à l’édit général rendu sur les subsécives, car après l’édit, il n’aurait pas ou raison d’être. Nous en avons conservé la sentence : elle est du 19 juillet 82[16]. Auguste, après la bataille d’Actium. fonda une colonie de vétérans à Falerio[17]. Une partie des colons furent aussi établis dans la commune voisine de Firmum, à laquelle Auguste fit don des subsécives après l’assignation des lots. Une centaine d’années plus tard, les subsécives se trouvaient occupées par les propriétaires voisins, descendants ou héritiers de ces colons, par conséquent citoyens de Falerio comme eux. Les Firmiens prétendirent qu’elles leur appartenaient et l’affaire fut portée devant Domitien. L’empereur dans son jugement constata que, par une lettre, Auguste avait engagé les Firmiens à vendre leurs subsécives : comme ils avaient vrai-semblablement suivi cette recommandation, ils ne devaient plus en être propriétaires depuis longtemps. Il déclara aussi que, quand même les terres en question n’auraient pas été vendues, l’antiquité de la possession équivalait à un titre de propriété pour les Falériens[18].

Il rendit ensuite un édit d’un caractère général, par lequel il assimila les subsécives à des biens soumis à l’usucapion et les concéda en toute propriété aux particuliers qui les détenaient depuis longtemps[19]. Toute réclamation ultérieure du prince et des communes était ainsi écartée. Par cet édit, écrit Frontin[20], auteur contemporain, Domitien délivra toute l’Italie de la crainte que lui avaient causée les mesures de Vespasien et de Titus.

Cependant, la situation économique de l’Italie n’en resta pas moins très précaire. Ce fut autant pour venir en aide aux agriculteurs que pour essayer d’arrêter la dépopulation de l’Italie que Nerva projeta et que Trajan organisa les institutions alimentaires,

Des travaux publics importants furent entrepris en Italie par Domitien. A partir de Sinuesse, point où la voie Appienne s’éloignait de la côte pour se diriger vers Capoue et Bénévent, l’empereur fit construire une nouvelle voie jusqu’à Cumes, la voie Domitienne, qui en remplaça une autre très incommode et fort longue. Rome fut ainsi rapprochée du golfe de Naples, de Baies, la grande ville d’eaux, et de Pouzzoles, le premier port du monde. A cause des marécages et des sables mouvants qui bordaient la côte, on avait dû faire des soutènements, des jetées, des ponts. À Vulturne, qui répandait au loin ses eaux, avait été endigué. Un arc de triomphe indiquait à Sinuesse le commencement de la route qui, à certains endroits était pavée de marbre[21]. Dans une Silve entière[22], Stace décrit cette voie, qui est, à ses yeux, une œuvre aussi imposante qu’aurait pu l’être le percement de l’isthme de Corinthe ou du mont Athos. Il faut remarquer qu’elle fut construite pendant la période de terreur qui remplit la fin du règne de Domitien[23]. Même alors, ce prince ne négligeait pas les intérêts de l’empire.

Domitien fit aussi, à la fin de sa vie, réparer la voie Latine. Stace nous apprend qu’il confia ce soin au sénateur Vitorius Marcellus, auquel Quintilien dédia son Institution oratoire[24]. — Quelques travaux publics furent aussi exécutés sur l’ordre de l’empereur à Rimini[25].

Nous savons fort peu de choses sur l’état des provinces au temps de Domitien. Les auteurs anciens ne nous font presque rien connaître à ce sujet ; les inscriptions qui pouvaient témoigner de la reconnaissance des provinciaux pour les bienfaits accordés par cet empereur, celles qui furent gravées en son honneur par des gouverneurs et d’autres fonctionnaires furent presque toutes détruites après sa mort. Les surnoms des villes, les noms des provinciaux indiquent d’ordinaire le prince qui leur donna des privilèges, qui leur concéda le droit de cité ; mais comme Vespasien, Titus et Domitien s’appelaient tous les trois T. Flavius, il est difficile de faire la part de chacun d’eux. De plus, il est probable qu’un certain nombre de cités qui, sous Domitien, avaient reçu l’épithète de Flaviennes y renoncèrent après 96[26].

Quelques modifications furent, faites dans le régime administratif des provinces.

La Mésie, qui s’étendait auparavant de la Save à la mer Noire fut partagée en deux provinces, Supérieure à l’ouest, Inférieure à l’est, séparées par le fleuve Ciabrus[27] (la Kibritza), et gouvernées l’une et l’autre par des consulaires[28]. — Pline, dont l’Histoire naturelle parut en 77 (Préface, 3), ne parle point de cette division[29] ; elle n’existait donc pas alors. En 82, C. Vettulenus Civica Cerialis est indiqué dans un diplôme militaire comme légat de Mésie, sans épithète. Mais, dans le même document, le légat de l’armée de Germanie Supérieure est mentionné comme exerçant son commandement in Germania[30]. On ne peut donc en conclure que la division n’était pas faite à cette date, ce qui est cependant très probable[31]. — Il faut sans doute placer cette division à l’époque des guerres daciques qui eurent lieu sous Domitien, de 86 à 89, et l’expliquer par la nécessité dans laquelle les Romains se trouvèrent de surveiller plus activement leur frontière du Danube. Une inscription du temps de Domitien[32] nous apprend que L. Funisulanus Vettonianus fut successivement[33] légat de Dalmatie, de Pannonie, de Mésie Supérieure. Mais on peut préciser davantage. En 84 et en 85, il gouvernait la Pannonie[34]. Il alla donc, après 85, en Mésie Supérieure, province dont il dut être le premier légat, et ce fut vraisemblablement en cette qualité qu il reçut des récompenses militaires, lors d’une des deux guerres contre les Daces[35]. Le premier gouverneur connu de la Mésie Inférieure est Q. Pomponius Rufus qui la gouvernait en 100[36], mais elle est mentionnée dès l’époque de Domitien[37].

La Galatie et la Cappadoce forent d’abord réunies sous Domitien, comme sous ses deux prédécesseurs, et gouvernées par un légat consulaire[38]. Mais après l’année 92, on voit en Galatie un légat prétorien, Sospes[39], et avant 93, en Cappadoce, un autre légat prétorien, C. Antius A. Julius Quadratus[40]. Les deux provinces étaient donc séparées à cette époque. Elles furent réunies de nouveau à la fin du règne de Domitien : T. Pomponius Bassus les gouvernait en 95-96[41], sans aucun doute comme légat consulaire.

M. Mommsen pense que la Thrace, auparavant province procuratorienne, reçut, sous Domitien, un légat impérial de rang prétorien[42]. Il s’appuie sur une table de bronze qui nous apprend qu’en 82, les vétérans de la colonie Flavia Pacis Deultensium, en Thrace choisirent comme patron T. Avidius Quietus, légat d’Auguste[43], personnage qui fut plus tard consul[44]. Ces mots légat d’Auguste, employés d’une manière absolue, semblent indiquer qu’il s’agit du gouverneur de la province dans laquelle se trouvait Deulium. Cependant, une inscription de Périnthe[45], datant de l’année 88, mentionne un procurateur de Thrace, qui parait avoir été alors le premier fonctionnaire de la province ; car l’inscription dont il s’agit aurait très probablement indiqué le légat impérial, s’il en avait existé un à cette époque. Le premier légat de Thrace connu avec certitude est Juventius Celsus, sous Trajan[46].

En 92, le petit royaume de Chalcidène, dans le Liban, possédé auparavant par des princes Juifs, fut réuni à l’empire et rattaché à la province de Syrie[47]. L’ère de Chalcis date de l’année 92[48], et cette ville porte sur les monnaies le surnom de Flavienne[49]. Il en fut sans doute de même du petit royaume d’Aréthuse et d’Émèse[50] : les premières monnaies d’Émèse ont été frappées sous Domitien[51].

C’est peut-être au règne de Domitien qu’il faut rapporter l’institution définitive des deux provinces de Germanie Inférieure et de Germanie Supérieure[52]. Auparavant, les deux légats étaient désignés sous les noms de legatus pro prætore exercitus Germanici Inferioris et de legatus pro prætore exercitus Germanici Superioris. C’est encore le titre qui est donné à Cn. Pinarius Cornelius Clemens, légat en 74[53]. Ces légats possédaient aussi, il est vrai, l’administration civile sur les pays frontières où ils avaient le commandement militaire[54] ; cependant ils n’étaient pas, à proprement parler, des gouverneurs de provinces. Mais C. Octavius Tidius Tossianus L. Javolenus Priscus, qui était légat en Germanie en 90[55], est qualifié, sur une inscription, de legatus consularis provinciæ Germaniæ Superioris[56] : c’est la plus ancienne mention épigraphique de ce titre qui soit actuellement connue[57]. Il est possible que la reconnaissance officielle des deux Germanies comme provinces[58] ait suivi l’annexion d’importants territoires sur la rive droite du Rhin, lors de la guerre cattique de 83, territoires qui furent rattachés à la province de Germanie Supérieure[59].

En Bretagne, nous trouvons pour la première fois, sous Domitien, un juridicus provinciæ Britanniæ. C’est Javolenus Priscus[60] qui le fut avant le 27 octobre 90, date à laquelle il était légat de Germanie Supérieure ; entre ces deux fonctions, l’une prétorienne, l’antre consulaire, doit se placer le consulat de Javolenus Priscus[61]. — M. von Domaszewski[62] et moi[63] avons montré que C. Salvius Liberalis Nonius Bassus, qui vécut à l’époque flavienne, avait été aussi juridicus de Bretagne. Cette fonction est désignée dans l’inscription de Salvius Liberalis[64] par les mots : legato Augustorum [provin ou iuridi)e(iæ ou o) Britann(iæ). M. von Domaszewski pense que le mot Augustorum désigne Domitien et Nerva, et suppose que la création de la fonction de juridicus en Bretagne a été la conséquence du départ de la II Adjutrix, qui cessa d’appartenir à l’armée de cette province sous le règne de Domitien. Mais je crois que par Augustorum il faut plutôt entendre Vespasien et Titus[65] : la création des juridici en Bretagne ne pourrait pas, dans ce cas, être attribuée à Domitien.

Dans la province impériale d’Espagne Citérieure, gouvernée par un légat consulaire, il y avait, dès l’époque d’Auguste[66], un légat prétorien placé sous les ordres du gouverneur et investi d’attributions civiles dans la partie centrale de la province. A la fin du premier siècle, il était appelé, soit simplement legatus Hispaniæ Citerioris[67], soit juridicus Hispaniæ Citerioris Tarraconensis[68]. Au second siècle, on trouve dans la même province un autre légat de l’empereur portant le titre de juridicus per Asturiam et Gallæciam[69]. Il est difficile de dire quand cette fonction fut instituée. M. von Domaszewski[70] pense qu’elle le fit à la suite du départ définitif d’une des deus légions d’Espagne, lors de la révolte de Saturninus, en 88 ; mais cela n’est pas prouvé.

Domitien veilla à la bonne administration des provinces. Il le fit, dit Suétone[71], avec tant de zèle que jamais les gouverneurs ne se montrèrent plus honnêtes ni plus justes. Sous Nerva et Trajan, ils cherchèrent à se dédommager : plusieurs provinces, en particulier la Bithynie, furent pillées par des proconsuls peu scrupuleux[72]. Ces scandales semblent avoir été plus rares sous le dernier Flavien. Il y eut cependant, en 93[73], un procès qui fit grand bruit, celui de Bæbius Massa, ancien gouverneur de Bétique, accusé de malversations. Massa était un délateur fort connu[74]. Tacite dit de lui, en racontant les événements de l’année 70[75] : cet homme, dès lors le fléau des gens de bien, et dont le nom reviendra souvent parmi les auteurs des maux que nous réservait l’avenir. Le prince qui se servait de lui, le sacrifia cependant aux provinciaux. Il permit au Sénat d’accorder contre lui une enquête, puis de le condamner à payer des dommages intérêts à ses victimes[76]. — Il ne serait pas impossible aussi que Marius Priscus, proconsul d’Afrique, et Cæcilius Classicus, proconsul de Bétique, qui commirent de graves exactions pendant leur gouvernement provincial, aient été proconsuls à la fin du règne de Domitien[77]. Ils ne furent jugés par le Sénat que sous Trajan, en 100 et en 101[78].

Quelques hommes de mérite reçurent, sous Domitien, des gouvernements de provinces. Le célèbre jurisconsulte C. Octavius Tidius Tossianus L. Javolenus Priscus fut légat de Germanie Supérieure, et peut-être de Syrie, Arrius Antoninus, aïeul maternel de l’empereur Antonin, Sex. Julius Frontinus, auteur du Traité des Aqueducs et d’autres écrits, proconsuls d’Asie. — Malgré son caractère méfiant, Domitien donna successivement à Funisulanus Vettonianus les gouvernements de Dalmatie, de Pannonie, de Mésie supérieure, et le laissa peut-être parvenir ensuite au proconsulat d’Afrique. C. Antius A. Julius Quadratus devint légat de Cappadoce, proconsul de Crète et de Cyrène, légat de Lycie et de Pamphylie. Agricola ne fut rappelé de Bretagne qu’après sept années de commandement[79].

Pline le Jeune semble dire que les députations des provinces et des cités avaient difficilement accès auprès de Domitien (Panég., 79). Le seul texte qui nous apprenne quelque chose sur ces députations nous montre, au contraire, l’empereur accueillant les réclamations de la province d’Asie lors de l’édit sur la plantation des vignes[80]. — En 83, il présida personnellement les opérations du recensement en Gaule[81].

On a retrouvé, en 1851, près de Malaga, deux tables de bronze[82] gravées entre 82 et 84[83], qui contiennent une partie de la constitution du municipum Flavium Malacitanum (Malaga) et du municipium Flavium Salpensanum (Salpensa). Ces communes, avec toute l’Espagne[84], avaient été dotées du droit latin[85] par Vespasien, mais leur condition ne fut définitivement réglée, comme nous l’apprennent ces tables, qu’au début du règne de son second fils.

L’assemblée du peuple, Composée de tous les citoyens, élit les magistrats : duumvirs, édiles, questeurs. La liberté et la sincérité des élections sont garanties par des dispositions minutieuses. — Les magistrats administrent le municipe avec l’assistance d’un sénat ou conseil des décurions. Les attributions des duumvirs sont très étendues : ils convoquent et président l’assemblée du peuple et le sénat, gèrent les finances, adjugent les travaux publics, afferment les propriétés communales, recueillent les revenus ordinaires ou extraordinaires, infligent des amendes, jugent les procès civils jusqu’à un taux déterminé, ont la juridiction volontaire. — Leur pouvoir est limité, non par l’intervention du gouvernement central, mais par le droit d’intercession que chaque magistrat peut exercer à l’égard de son collègue, par le droit de contrôle et, dans certaines circonstances, de cassation que possède le conseil des décurions, par la menace d’amendes perçues au profit de la commune, par l’obligation de fournir caution, enfin, par la courte durée des charges qui sont annuelles et ne peuvent être conférées de nouveau au même personnage qu’après un intervalle de cinq ans. — Le conseil des décurions peut élire librement des protecteurs du municipe ou patrons. — Nulle part, dans ces lois, n’apparaît le gouverneur de la province[86]. Quant à l’empereur, il peut être duumvir du municipe, et dans ce cas, il se fait remplacer par un préfet unique dont les attributions sont celles des duumvirs ordinaires, mais, lui-même, il est élu comme les autres magistrats : la commune implore son intervention, il ne l’impose pas. — Le pouvoir impérial cherche même à stimuler le zèle des citoyens pour les intérêts de leur ville, en concédant le droit de cité romaine aux magistrats sortis de charge, ainsi qu’à leurs père, mère, femme, enfants légitimes.

On ne doit pas faire honneur à Domitien de ces dispositions appliquées avant lui à toutes les communes de droit latin, et, en grande partie aussi, aux communes romaines. Mais on peut s’étonner qu’un prince si autoritaire n’ait pas cherché à les détruire, qu’il les ait même propagées. C’est que les libertés municipales s’exerçaient dans des territoires très restreints ; elles n’avaient rien de commun avec les affaires politiques que le pouvoir central se réservait ; elles permettaient à beaucoup d’hommes nouveaux de s’initier aux affaires administratives et d’exercer ensuite des fonctions publiques. Elles ne pouvaient donc porter ombrage à cet empereur.

A une autre extrémité du monde romain, dans les cités grecques d’Asie Mineure, la vie municipale était alors fort active. De graves débats s’y élevaient, surtout au sujet de la gestion des deniers publics : les passions éclataient avec tant d’ardeur qu’elles amenaient souvent des troubles[87]. Ces villes envoyaient à l’empereur des députés pour lui adresser des réclamations dont il était tenu compte[88]. Elles se montraient fières de leur passé et de leurs privilèges, fort susceptibles, jalouses les unes des autres[89], sans que cette vitalité bruyante excitât les défiances du prince.

C’est cependant sous Domitien qu’on trouve la première mention épigraphique des curateurs des cités. On lit en effet dans une inscription déjà mentionnée plus haut[90] : ... Sos [pi]ii, fetiali, leg(ato) Aug(usti) pro pr(ætore) provinc(iarum) Gal(atiæ), ...... donat(o) don(is) militarib(us) expedit(ione) Suebic(a) et Sarm(atica), cor(ona) mur(ali), cor(ona) vall(ari), cor(ona) aur(ea), hast(is) pur(is) trib(us), vexill(is) trib(us), curat(ori) colonior(um) (sic) et municipior(um), præ(fecto) frum(ento) dand(o) ex s(enatus) c(onsulto), prætori, æd(ili) curul(i), qu(æstori) Cret(æ) et C[yr(enarum)], trib(uno) leg(ionis XXI [I] Primigen(iæ), III vir(o) a(uro), a(rgento) a(ere) f(lando) f(eriundo)...... Comme on le voit, le cursus honorum est dans l’ordre inverse. La guerre suévo-sarmate ayant eu lieu en 92, ce fut avant cette date que Sospes exerça, en qualité d’ancien préteur, la fonction de curator coloniarum et municipiorum. Il ne s’agit pas, semble-t-il, d’un curateur semblable à ceux que nous rencontrons plusieurs fois dans les cités à une époque antérieure. Par exemple, en 26, le Sénat fit élever à Smyrne un temple et nomma à cet effet un curator templi[91]. Vespasien fit construire un édifice à Nole et confia la surveillance des travaux à un ancien magistrat de la ville, qui est qualifié sur une inscription de curatori oper(um) publicor(um) dato a Divo Aug(usto) Vespasiano (C. I. L., X. 1266). En effet, l’emploi des fonds que l’État fournissait pour une destination spéciale devait être contrôlé par des agents qu’il nommait lui-même[92]. — Mais dans notre inscription, il s’agit d’un personnage prétorien qui est qualifié d’une manière absolue de curator. Il doit être assimilé aux curatores rei publicæ qu’on trouve en grand nombre à une époque postérieure, curateurs chargés de surveiller d’une manière générale les finances municipales et exerçant souvent cette surveillance dans plusieurs cités à la fois[93].

Cette institution nouvelle des curateurs, nommés par le prince, est assurément une atteinte portée aux libertés municipales. Mais il faut observer que le curateur n’a en général qu’une compétence financière ; de plus, il ne se substitue pas aux magistrats dans la gestion de la fortune publique, il se contente de les surveiller. Il autorise ou interdit telle recette, telle dépense ; il vérifie les comptes ; mais il ne prend point part à l’administration. Si la nomination d’un curateur enlevait à une cité le droit de disposer librement de ses revenus, elle l’empêchait de se ruiner ; elle était un remède et une garantie contre l’incapacité ou les malversations des magistrats. Loin d’être considérée comme une mesure tyrannique prise pour étouffer la vie municipale, elle dut être souvent souhaitée, sollicitée même par les communes[94]. D’autre part, il est certain que l’institution de curateurs en Italie et dans des provinces sénatoriales était une atteinte portée aux droits administratifs du Sénat : ce qui ne doit pas étonner de la part de Domitien.

Le droit de cité fut accordé libéralement aux provinciaux par les empereurs flaviens, ainsi que le témoigne la grande diffusion du nom de T. Flavius, surtout en Orient et en Afrique[95]. Le grand développement de la tribu Quirina dans l’empire se rattache aussi en partie à la dynastie Flavienne[96] qui appartenait à cette tribu, comme déjà du reste Claude et Néron[97]. A l’égard de la collation du droit de cité, il est très probable que Domitien suivit la politique de son père Vespasien[98]. Des efforts furent faits pour hâter la romanisation des pays encore à demi barbares : en Bretagne, ce fut, an dire de Tacite, une des préoccupations d’Agricola[99] ; en Pannonie, en Mésie, en Thrace, des fondations de colonies, de municipes répandirent les mœurs et les institutions romaines ou grecques[100]. En 88, une des deux légions de la Tarraconaise semble avoir quitté définitivement ce pays où la domination romaine n’avait plus rien à craindre[101].

Le nombre des provinciaux faisant partie des deux premiers ordres de l’État et appelés à exercer les fonctions, les magistratures les plus considérables de l’État semble s’être beaucoup accru à cette époque. Vespasien en avait fait entrer un grand nombre dans la curie[102], d’autres s’élevèrent parla voie ordinaire des honneurs. Trajan et Q. Valerius Vegetus, originaires de Bétique, furent consuls en 91[103] ; L. Licinius Sura et L. Minicius Natalis, originaires de Tarraconaise[104] firent une partie de leur carrière sous Domitien[105] ; L. Helvius Agrippa, indiqué comme pontife vers 82-83, était aussi d’une famille espagnole[106], ainsi que Marius Priscus[107] qui fut proconsul d’Afrique, peut-être à la fin du règne, et par conséquent consul sous Domitien[108]. Valerius Paulinus, qui dut recevoir des honneurs sous ce prince[109], semble avoir appartenu à une famille de Fréjus[110], dans la Gaule Narbonnaise. T. Aurelius Fulvus, préfet de la ville au temps de Domitien, était de Nîmes, comme aussi probablement T. Iulius Maximus Ma [...?] Brocchus, personnage prétorien[111]. C. Antius A. Julius Quadratus, consul en 93, gouverneur de plusieurs provinces orientales[112], était né à Pergame[113]. Cæcilius Classicus, qui fut peut-être proconsul de Bétique à la fin du règne de Domitien, était africain[114]. Le fait que Trajan décida que les candidats aux magistratures devraient justifier du placement du tiers de leur patrimoine en immeubles italiens[115] atteste qu’un assez grand nombre de provinciaux faisaient alors partie de la curie.

Des provinciaux se faisaient un nom dans la littérature : parmi les compatriotes de l’espagnol Martial, on peut citer le rhéteur Quintilien, Canius Rufus, poète et historien[116], le jurisconsulte Maternus[117], l’avocat Licinianus[118], le philosophe Decianus[119].

Le titre de Flavium, Flavia, qu’un certain nombre de villes portent sur des inscriptions et sur des monnaies, remonte, pour plusieurs d’entre elles, au règne de Domitien, et rappelle soit la fondation d’une colonie, soit l’octroi du droit romain ou latin, soit d’autres privilèges ou bienfaits. Nous citons ici celles qui ont reçu ou peuvent avoir reçu ce surnom de Domitien[120] :

Dans les Champs décumates (rive droite du Rhin), Aræ Flaviæ (Βωμοί Φλαύιοι), aujourd’hui Rottweil[121].

En Germanie Supérieure, Flavia Nemetum[122] désignant la civitas des Nemètes dont le chef-lieu était Noviomagus (Spire).

En Helvétie, la Colonia Pia Flavia Constans Emerita Helvetiorum fœderata[123], désignant tout le pays des Helvètes (civitas Helvetiorum)[124].

En Pannonie, le municipium Flavium Scarbantia (Œdenburg sur le lac Neusiedel)[125], le municipium Flavium Neviodunum (Dernovo)[126], la Colonia Flavia Sirmium (Mitrovitz)[127].

En Dalmatie, le municipium Flavium Scardona[128].

En Mésie, la colonia Flavia Scupi (Routschewitsch)[129].

En Thrace, Philippopolis est qualifiée de Fl(avia) sur une inscription[130]. Les premières monnaies impériales de cette ville datent de Domitien et de l’année 88[131] ; leur légende est bilingue : Imp(erator) Cæs(ar) Domit(ianus) Auq(ustus) Germ(anicus), co(n)-s(ul) XIIII, cens(or) per(petuus), p(ater) p(atriæ). — ® Φιλνπποπολείτων[132]. Domitien accorda peut-être le droit de cité romaine aux habitants de Philippopolis[133].

En Achaïe, Corinthe s’appelle, sous Domitien, Colonia Julia Flavia Augusta Corinthus[134]. Cette épithète de Flavia n° explique par le revers de quelques monnaies frappées dans cette ville sous le règne de cet empereur ; on y lit : perm(issa) Imp(eratoris)[135]. Vespasien avait enlevé à Corinthe le droit de battre monnaie et Titus avait maintenu cette interdiction[136] ; Domitien la leva. Après la mort de l’empereur, l’épithète de Flavia disparut[137].

En Bithynie, Cratia Flaviopolis[138].

En Galatie, Ancyre[139].

En Syrie, Sidon[140].

Dans l’île de Chypre, Paphos[141].

En Afrique, la colonia Flavia Augusta Emerita Ammædara (Haidra)[142], la colonia Flavia Cillium (Henchir-Gasrine)[143].

En Numidie, une inscription trouvée au nord de l’Auras, près de Khenchela, mentionne des Aquæ Flavianæ[144].

Des travaux publics furent exécutés, sur l’ordre de Domitien, dans plusieurs provinces : la restauration de la grande voie qui traversait la Bétique en passant par Cordoue, Séville, et qui aboutissait à Gadès[145] ; l’achèvement des routes de la Galatie, de la Cappadoce, du Pont, de la Pisidie, de la Paphlagonie, de la Lycaonie, de la petite Arménie[146], commencée sous Titus[147] et peut-être même sous Vespasien pour des motifs stratégiques. Des ouvrages dont nous ignorons la nature furent construits à Savaria, en Pannonie[148]. Malalas parle de constructions faites sur l’ordre de Domitien à Antioche[149], indication qui se lit aussi dans le douzième chant sibyllin[150]. On trouve encore dans Malalas la mention d’une ville, Domitianopolis, fondée par Domitien en Isaurie. Cette liste serait sans doute plus longue si presque toutes les inscriptions portant le nom de Domitien n’avaient pas été détruites ou mutilées après sa mort[151].

Les expéditions militaires de l’empereur sur le Rhin et sur le Danube, la guerre contre les Nasamons en Afrique furent faites surtout pour défendre les provinces frontières, les Gaules, la Pannonie, la Mésie, l’Afrique, menacées fréquemment par les barbares[152].

Nous n’avons point de renseignements sur la condition matérielle des provinces à l’époque de Domitien, mais il ne semble pas qu’elle ait été mauvaise.

Les transactions commerciales furent favorisées par le bon système monétaire que Domitien sut maintenir jusqu’à la fin de son règne, malgré ses embarras financiers. L’aureus pesa, en moyenne, 7 grammes 43 ; sous Vespasien et Titus, son poids moyen était de 7 gr. 29 ; sous Trajan et Hadrien, il tomba à 7 gr. 21, 7 gr. 20[153]. L’alliage du denier d’argent, sous Vitellius, était d’un cinquième ; sous Domitien, il ne fut que d’un dixième ; sous Trajan, il fut beaucoup plus fort[154]. Les monnaies fourrées, communes sous Néron et même sous Vespasien, devinrent plus rares à l’époque du dernier empereur Flavien[155].

Plusieurs textes pourraient cependant nous faire croire que Domitien se montra, à certains égards, peu soucieux du bien-être des provinciaux. II semble que, voulant assurer la marche de son armée dans des expéditions au delà des Alpes, il ait imposé des réquisitions trop lourdes aux communes italiennes et provinciales dont il traversait les territoires[156] : c’est là un acte de mauvaise administration qui étonne de la part de cet empereur. — Il y eut peut-être alors une ou plusieurs grandes famines dans l’Empire[157]. Elles paraissent avoir provoqué un édit célèbre de Domitien, qui pouvait être fort préjudiciable aux intérêts de plusieurs provinces. Voyant, dit Suétone[158], que le vin était en extrême abondance et qu’au contraire il y avait disette de blé, il pensa que la passion des vignes faisait négliger les champs : c’est pourquoi il défendit d’en planter de nouvelles en Italie et ordonna qu’on ne laissât subsister dans les provinces que la moitié des anciens plants[159]. Cette mesure, quoiqu’elle entravât en Italie le développement de la viticulture, dut être bien accueillie dans cette contrée dont les vins étaient alors la principale richesse, car elle diminuait la concurrence des autres vins. Mais les provinces s’émurent fort : des députations furent envoyées à l’empereur[160], et Domitien ne fit pas exécuter l’édit[161].

Zonaras, d’après Dion Cassius, dit, sans doute avec exagération, que beaucoup de tributaires se révoltèrent parce qu’on exigeait d’eux de l’argent par des moyens violents[162]. Nous parlerons, au chapitre suivant, de la révolte des Nasamons que cet auteur mentionne. Dans les provinces même, il y eut quelques troubles sous Domitien. En 87 ou 88, apparut en Orient un faux Néron[163]. Déjà en 69[164] et sous Titus[165] s’étaient montrés de semblables imposteurs : ils abusaient de l’affection que la populace avait toujours eue pour ce tyran[166], et de la croyance très répandue qu’il n’était pas mort et qu’il reviendrait un jour[167] ; la réapparition de Néron était surtout attendue par les Juifs et les chrétiens : elle devait être suivie en effet pour les chrétiens du retour, pour les Juifs de la venue du Messie[168]. — Ce personnage, comme le faux Néron du temps de Titus[169], fut soutenu par les Parthes, anciens alliés de Néron[170], qui n’entretinrent pas toujours de bonnes relations avec la dynastie Flavienne[171]. Du reste, cette sédition semble avoir été étouffée sans peine. Suétone n’en dit qu’un mot à la fin de la biographie de Néron. Le faux empereur fut livré par les Parthes et sans doute mis à mort[172].

Il est possible que Décébale, roi des Daces, contre lequel Domitien eut de longues guerres à soutenir[173], ait trouvé des sympathies parmi les populations de ta Mésie et de la Thrace, qui appartenaient à la même race que ses sujets. On doit observer de plus que, dans le premier siècle de l’Empire, les Romains avaient à plusieurs reprises transporté de force, à l’intérieur de leur territoire, un grand nombre de barbares de la rive gauche du Danube[174]. Ces nouveaux sujets ne devaient attendre qu’une occasion pour se révolter. Nous savons par Dion Cassius (LXVIII, 9-11) qu’il y avait dans l’armée de Décébale de nombreux transfuges. Une monnaie de 86, représentant la Mésie en pleurs, se rapporte peut-être à des mouvements favorables aux Daces, mouvements qui furent réprimés par Domitien[175].

Mais ce ne sont là, semble-t-il, que des faits isolés : on peut croire qu’en général le gouvernement de Domitien ne fut pas impopulaire parmi les provinciaux. Bonne administration, libertés municipales, diffusion du droit de cité, accès plus facile aux honneurs, travaux publics, développement de la prospérité matérielle, tels furent les avantages dont ils paraissent avoir joui sous ce règne.

 

Nous avons peu de renseignements sur l’état de l’armée au temps de Domitien. Cet empereur avait besoin de son appui contre l’aristocratie : ce fut pour se la rendre favorable qu’il voulut la gloire militaire et qu’il éleva la solde. Depuis longtemps déjà, les légions se plaignaient de ne pas être assez payées ; les révoltes militaires de Germanie et de Pannonie au commencement du règne de Tibère n’avaient pas eu d’autre cause. Ces réclamations ne manquaient pas de fondement, car depuis l’empire, le prix de toutes choses avait fort renchéri, par suite dé l’augmentation du numéraire[176]. D’autre part, le service militaire n’était plus depuis un siècle qu’un métier pour les hommes des classes inférieures. Or les événements des années 68-69 leur avaient prouvé qu’un empereur pouvait être fait hors de Rome ; Galba en Espagne, Vitellius en Gaule, Vespasien en Judée avaient été proclamés par leurs troupes. Dès lors les soldats furent tentés d’imiter cet exemple : ils pensèrent, non sans raison, que leur général, une fois parvenu au rang suprême se montrerait libéral envers eux. A leurs yeux, la révolte fut désormais une entreprise lucrative[177]. Plus que tout autre prince, Domitien devait craindre une sédition militaire, car il se savait détesté de la plupart des légats légionnaires et provinciaux, tous membres de cette aristocratie qu’il avait humiliée.

Pour parer à ce danger, il décida après la guerre contre les Cattes, en 83[178], que chaque légionnaire recevrait, tous les quatre mois, cent deniers au lieu de soixante-quinze[179]. On ne sait pas si Domitien augmenta aussi la solde des prétoriens qui gagnaient déjà sept cent vingt deniers par an[180] : l’attachement qu’ils montrèrent à cet empereur le ferait croire. En outre, il semble avoir fait souvent aux troupes des dons supplémentaires (donativa)[181]. Voulant se faire aimer des soldats, il se montra peut-être indulgent pour leurs fautes et attentif à leur épargner de trop grandes fatigues[182]. — Après la révolte d’Antonius, Domitien prit contre les généraux des précautions dont nous parlerons plus loin[183].

Aussi les légions lui furent-elles favorables. Pline laisse même entendre que sous ce prince les soldats et les chefs furent animés de sentiments de défiance réciproque, qui nuisirent à la discipline et aux opérations militaires[184]. Après sa mort, les troupes songèrent à le venger[185].

Suétone dit que, ruiné par ses constructions et par l’augmentation de la solde, il essaya de diminuer le nombre des soldats, mais qu’il y renonça, voyant que par cette mesure il exposait l’empire aux attaques des barbares[186]. Une légion, la XXI Rapax, semble, il est vrai, avoir été supprimée ; mais c’est peut-être parce qu’elle fut détruite en 92 par les Sarmates[187] : les dernières mentions que l’on ait de cette légion ne sont pas défavorables à l’hypothèse de sa disparition à cette époque[188]. Au contraire, Domitien institua la I Minervia[189]. Cette légion fut, autant qu’il semble, créée au début du règne. Elle devait en effet exister en 88-89, car c’est probablement à cette époque qu’elle reçut les surnoms de Pia Fidelis[190]. Nous savons, d’autre part, que L. Micinius Sura fut légat de la I Minervia[191]. Après cette légation et avant de devenir consul pour la première fois, il fut légat de Belgique[192]. Dès 97, il était un des premiers personnages de l’Empire[193], et en 102, il reçut les faisceaux consulaires pour la seconde fois[194]. Il est donc probable qu’il fut légat de cette légion vers le commencement du règne de Domitien[195]. La I Minervia fit partie de l’armée de Germanie Inférieure, où elle était certainement peu après l’année 100[196] et probablement déjà en 88[197]. Elle avait son camp à Bonn dès l’époque de Domitien, semble-t-il[198]. Or la XXI Rapax, qui était auparavant en ce lieu, fut envoyée, lors de la guerre cattique de 83, en Germanie supérieure[199]. Il y a lieu de croire que la I Minervia fut créée pour la remplacer et compléter ainsi le chiffre, réglementaire à cette époque, des quatre légions de la Germanie Inférieure.

Quand Domitien fut tué, en 96, les légions semblent avoir été ainsi réparties dans l’Empire

Trois en Bretagne : II Augusta, IX Hispana et  XX Valeria Victrix.

Trois en Germanie Inférieure : I Minervia, VI Victrix et X Germina.

Trais en Germanie Supérieure : VIII Augusta, XI Claudia, et XXII Primigenia.

Cinq (?) en Pannonie : XIII Germina, XV Apollinaris ; et probablement : I Adjutrix, II Adjutrix et XIV Gemina

Deux en Mésie Supérieure : IV Flavia et VII Claudia.

Deux en Mésie Inférieure : I Italica et V Macedonica.

Deux (?) en Cappadoce : XII Fulminata, XVI Flavia (?)[200].

Trois en Syrie : III Gallica, IV Scythica et VI Ferrata.

Une en Judée : X Fretensis.

Deux (?) en Égypte : III Cyrenaica, XXII Dejotariana (?)[201].

Une en Afrique : III Augusta.

Une en Espagne : VII Gemina.

Il y avait donc en tout vingt-huit légions lors de la mort de Domitien[202].

Un certain nombre d’ailes et de cohortes auxiliaires, cantonnées surtout sur la frontière du Danube, portent le nom de Flavia. Pour la plupart, il est impossible de savoir si elles le reçurent sous Vespasien, Titus on Domitien. Comme Suétone dit que Domitien s’efforça de diminuer les troupes, et que, d’autre part, son père réorganisa toute l’armée romaine, il est vraisemblable que ces corps durent, en générai, leur nom à Vespasien. En outre, il est possible que les corps qui ont reçu le nom de Flavia sous Domitien ne l’aient pas gardé après sa mort. Quoi qu’il en soit, nous en donnerons l’énumération[203].

Ailes :

A. II Flavia Hispanorum civium Romanorum

en Espagne[204].

A. I Flavia Gallorum Tauriana[205]

(?)

A. Gallorum Flaviana

en Mésie Inférieure en 100[206].

A. I Flavia Augusta Britannica miliaria civium Romanorum

en Pannonie Inférieure en 113[207].

A. Flavia Pannoniorum

en Pannonie Inférieure[208].

A. I Flavia Sebastenorum[209]

(?)

A. I Flavia Gætulorum

en Mésie Inférieure en 100[210].

A. II Flavia Agrippiana[211]

(?)

A. I Flavia Gemelliana

en Rhétie en 166[212].

A. I Flavia Singularium civium Romanorum.

en Rhétie en 107[213].

A. II Flavia Singularium

en Rhétie[214].

Cohortes :

C. I Flavia Ulpia Hispanorum miliaria civium Romanorum equitata

en Dacie en 110[215].

C. I Flavia Rispanorum miliaria equitata[216]

en Maurétanie Césarienne en 107[217].

C. I Flavia Brittonum[218]

en Pannonie en 85[219].

C. II Flavia Brittonum equitata[220]

en Mésie Inférieure en 100[221].

C. I Flavia Thracum

en Égypte sous Domitien[222].

C. I Flavia Bessorum

en Mésie Inférieure en 105[223].

C. I Flavia Cilicum equitata

en Égypte en 83[224].

C. I Flavia Canathenorum miliaria

en Rhétie en 166[225].

C. I Flavia Chalcidanorum equitata sagittariorum

en Syrie en 162[226].

C. I Flavia Damasceuorum miliaria equitata sagittariorum[227]

en Germanie Supérieure en 90[228].

C. I Flavia Damascenorum peditata

en Germanie Supérieure[229].

C. I Flavia Commagenorum

en Mésie Inférieure en 105[230].

C. II Flavia Commagenorum

a séjourné en Dacie[231] ; on ne sait pas où elle était auparavant.

C. I Flavia Numidarum

en Lycie-Pamphylie en 178[232].

C. II Flavia Numidarum

en Dacie Inférieure en 129[233].

C. I Flavia Musulamiorum

en Maurétanie Césarienne en 107[234].

C. III Flavia Afrorum[235]

(?)

C. I Flavia civium Romanorum[236]

(?)

C. I Flavia equitata

en Numidie[237].

C. I Flavia

en Germanie Inférieure[238].

C. Flaviana[239]

(?)

Peut-être la troupe des equites singulares (gardes du corps), qui existait certainement au temps de Trajan[240], remonte-t-elle à une époque antérieure et fut-elle créée par Domitien. On trouve parmi eux un certain nombre de T. Flavii[241]. Cependant ils peuvent avoir été enrôlés dans ce corps après 86 : parmi les equites singulares enrôlés de 103 à 118, on compte quatorze Flavii[242]. — En 76, il y avait neuf cohortes prétoriennes ; en 112 au plus tard, ces cohortes étaient au nombre de dix : cette augmentation de la garnison de Rome pourrait bien remonter à Domitien, comme le suppose M. Mommsen[243], mais on n’en a aucune preuve[244].

 

 

 



[1] Voir Rudorff, Gromatici veteres, II, p. 390 et suiv. Marquardt, Staateverwaltung, I, 2e édit., p, 130.

[2] Frontin, De agrorum qualitate, dans les Gromatici veteres, I, p. 6.

[3] Frontin, De controversiis, ibid., p. 22.

[4] Frontin, De agrorum qualitate, p. 6. Hygin, De generibus controverstiarum, p. 132. Siculus Flaccus, De condicionibus agrorum, p. 163.

[5] Frontin, De controversiis, p. 22.

[6] Hygin, De condicionibus agrorum, p. 119.

[7] Siculus Flaccus, De condicionibus agrorum, p. 163.

[8] Frontin, De controversiis, p. 8.

[9] Frontin, De controversiis agrorum, p. 53. Hygin, De generibus controverstiarum, p. 133 ; De limitibus, p. 111 ; De concile. agr., p. 117. Siculus Flaccus, De condic. agr., p. 163.

[10] Frontin, De controv. agror., p. 53 : Per longum tempus attigui possessores vacantia loca quasi invitante otiosi loci oportunitate invaserunt, et per longum tempus inpune commalleaverunt. Cf. ibid., p. 56.

[11] Frontin, De controversiis agrorum, p. 54 : Pecuniam quarumdam coloniamm Imp. Vespasianus exegit quod non haberent subsiciva concessa : non enim fieri poterat ut solum illud quod nemini erat adsiguatum, alterius esse posset quam qui poterat adsignare. Non entra esiguum pecuniæ fisco contulit venditis subsicivis. Cf. Hygin, De limitibus, p. 111 ; De generibus controverstiarum, p. 133. Voir à ce sujet Jullian, Bulletin épigraphique, IV, 1864, p. 136-137.

[12] Frontin, De controversiis agrorum, p. 54 et 56.

[13] Il faut observer de plus que Vespasien ferma aux Italiens l’accès des légions (Mommsen, Hermès, XVI, 1884, p. 19) ; c’était une ressource qu’il enlevait aux citoyens peu aisés de la péninsule.

[14] Frontin, De controv. agr., p. 54 : [Vespasianus] postquam legationum miseratione commotus est, quia quassabatur universus Italiæ possessor, intermisit, non concessit.

[15] Frontin, loc. cit., Hygin, De generibus controverstiarum, p. 133.

[16] C. I. L., IX, 5420 : Table de bronze trouvée à Fallerone (Falerio dans le Picenum). Voir les observations de Mommsen à la suite de l’inscription.

[17] Liber coloniarum, p. 227. Voir Mommsen, C. I. L., IX, p. 519.

[18] Et vetustas litis, quæ post tot annos retractatur a Firmianis adversus Falerienses vehementer me movot, corn possessorum securitati vol minus multi anni sufficere possint, et Divi Augusti diligentissimi et indulgentissimi orga, quartanos suos (les Firmiens : voir C. I. L., p. 508) principis epistula, qua admonuit eos ut omnia subpsiciva sua colligerent et venderent ; quos tamen tam salubri admonitioni paruisse non dubito. Propter quæ possessorum jus confirmo. Cf. Siculus Flaccus, De condic. agr., p. 163.

[19] Suétone, Domitien, 9 : Subsiciva quæ divisis per veteranos agris carptim superfuerunt, veteribus possessoribus ut usu capta concessit (Il fit rendre aux propriétaires, comme prescrites, les parcelles de terre qui étaient restées sans destination, après le partage des biens entre les vétérans). Hygin, De generibus controv., p. 133 : Domitianus per totam Italiam subsiciva possidentibus donavit, edictoque hoc notum univerais fecit. Cf. Siculus Flaccus, De condicionibus agrorum, p. 163. Traité Agrorum quæ sit inspectio, p. 284.

[20] De controv. agr., p. 54 : Præstantissimus postes Domitianus ad hoc beneficium procurrit et uno edicto totius Italiæ metum liberavit.

[21] Voir N. Bergier, Histoire des grands chemins de l’Empire romain, édition de 1728, I, p. 229. Desjardins, Table de Peutinger, p. 219 et suiv.

[22] Silves, IV, 3. Cf. préface du livre IV ; IV, 4, 2. Voir aussi Dion Cassius, LXVII, 14. En réalité, la voie nouvelle se terminait à Cumes :

fine viæ recentissimo,

qua monstrat veteres Apollo Cumas.

(Stace, Silves, IV, 3, 114).

[23] Dion Cassius, loc. cit. Il continue en rapportant que cette année-là même (τώ αύτώ έτει), Clemens fut mis à mort : or Clemens périt en 95. Le livre IV des Silves fut édité en 95 (cf. Silves, IV,1 et voir à ce sujet Friedlænder, Sittengeschichte, III, 6e édit., p. 478).

[24] Stace, Silves, IV, 4, 60 :

et spatia antiquæ mandat [Domitianus] renovare Latiunæ.

Vitorius Marcellus était alors curateur de la voie latine.

[25] C. I. L., II, 368. Il s’agit probablement de la rectification du cours d’un ruisseau ; voir la note ajoutée à l’inscription dans le C. I. L. — Voir encore C. I. L., XI, 428 : inscription sur un tuyau de plomb servant de conduite d’eau, à Rimini.

[26] Voir plus loin pour Corinthe.

[27] Ptolémée, III, 9, 1.

[28] Voir Marquardt, Staatsverwattung, I, 2e édit., p. 303.

[29] III, 149 : Pannoniæ jungitur provincia quæ Mœsia, appellatur, ad Pontum usque cum Danuvio decurrens. Incipit a confluente supra dicto [celui de la Save].

[30] Ephemeris epigraphica, IV, p. 496 (le 19 septembre 82) : Iis qui sunt in Germania sub Q. Corellio Rufo ; item in ala et cohortibus... quæ sunt in Mœsia sub C. Vettuleno Civica Ceriale.

[31] En 85 ou 86 (voir chapitre VI, Guerres de Dacie), Oppius Sabinus semble avoir été légat de la Mésie tout entière. Voir Jordanès, Getica, XIII, p. 76, édit. Mommsen : Cui provinciæ tune, post Agrippant, Oppius præerat Savinus. [Il s’agit ici de Fonteius Agrippa, légat de Mésie, tué au début du règne de Vespasien par les Sarmates (Josèphe, Bellum judaicum, VII, 4, 3)].

[32] C. I. L., III, 4013 : L. Funisulano, L. f. An(iensi tribu), Vettoniano... leg(ato) pro pr(ætore) provinc(iæ) Delmatiæ, item provinc(iæ) Pannoniæ, item Mœsiæ superioris, donato [ab Imp(eratore) Cæs(are) Domitiano Aug(usto) Germanico] belle dacico coronis IIII, murait, vallari, classica, aurea, hastis punis IIII, vex(il)lis IIII. La mention de Domitien et le martelage de son nom indiquent que l’inscription fut gravée avant la mort de ce prince, que, par conséquent, en 96, la division des deux Mèdes était faite. — Voir aussi C. I. L., XI, 571, autre inscription de Funisulanus Vettonianus : les termes sont identiques.

[33] Dans la première des inscriptions citées note 32, le cursus honorum est dans l’ordre direct. Le mot item n’indique pas ici (comme le veut Borghesi, Œuvres, IX, p. 273), des fonctions simultanées, mais des fonctions successives : cf. C. I. L., III, 550 (inscription d’Hadrien) ; Cagnat, Cours d’épigraphie latine, p. 96, n. 2. De même, Q. Pomponna Rufus qualifié dans une inscription (C. I. L., VIII, 13) de [leg(atus) Aug](usti) pro præ(tore) provin[c(iarum) M]œsiæ, Dalmati[æ], fut successivement gouverneur de ces deux provinces ; voir C. I. L., III, p. 859, p. 863, et Archeologisch-epigraphische Mittheilungen aus Oesterreich, XI, 1847, p. 25. — Dans la seconde inscription, le cursus honorum est dans l’ordre inverse et cependant les trois légations sont indiquées suivant le même ordre que dans la première. Mais il faut observer que la Dalmatie, la Pannonie, la Mésie supérieure étaient toutes les trois des provinces impériales consulaires, que Funisulanus ne reçut pas d’autres gouvernements impériaux, et que peut-être les trois légations qu’il exerça se succédèrent sans aucun intervalle. Ces considérations suffisent à expliquer l’ordre chronologique suivi dans la seconde inscription.

[34] Ephem. epigr., V, p. 94 : diplôme militaire du 3 septembre 84 ; C. I. L., III, p. 855 : diplôme du 5 septembre 85.

[35] Cf. encore, pour l’époque de la création des deux Mésies, C. I. L., VIII, 9372 : ..., donis donato ab [......] Germ(anico) corona aures, [...... ha]stis puris duabus, [......] bello germanico, [proc(uratori) Aug(usti) M]œsiæ Superio[ris ...]. II s’agit peut-être de Domitien et d’une des deux guerres de Germanie de 83 ou de 89.

[36] C. I. L., III, p. 863. Archeol-epigr. Mitth., loc. cit.

[37] Spartien, Vie d’Hadrien, 2 : Post hoc in Inferiorem Mœsiam translatas, extremis jam Domitiani temporibus (Il fut ensuite transféré en Mésie inférieure vers la fin du règne de Domitien).

[38] Voir Marquardt, Staatsverwaltung, I, 2e édit., p. 361 et suiv. Perrot, De Galatie provincia, p. 100 et suiv. — A. Cæsennius Gallus, sous Titus et au début du règne de Domitien, gouvernait à la fois la Galatie et la Cappadoce : voir une inscription d’Ancyre en Galatie, de l’année 82 (C. I. L., III, 312), et des monnaies de Césarée de Cappadoce (Mionnet, Supplément, VII, p. 663, nos 25 et 26). Une inscription d’Ancyre (C. I. L., III, 250) qualifie Ti. Julius Candidus Marius Celsus de leg(atus) Aug(usti) pro pr(ætore). Deux hypothèses sont possibles : a) Ce personnage put être légat prétorien de Galatie avant son consulat, c’est-à-dire avant 86 (C. I. L., III, p. 857) : la séparation des deux provinces aurait été faite par conséquent entre les années 82 et 86 ; b) il put être légat consulaire de Cappadoce et de Galatie après son consulat ; cette seconde hypothèse reculerait de plusieurs années la date de la séparation. La première est plus probable.

[39] C. I. L., III, 6818 : ... Sos[pi]ti, fetiati, leg(ato) Aug(ustorum) pro pr(ætore) provinc(iarum) Gal(atiæ), Pisid(iæ), Phryg(iæ), Luc(aoniæ), Isaur(iæ), Paphlag(oniæ), Ponti Galat(ici), Ponti Polemoniant, Arm(eniæ). Toutes ces provinces dépendaient de la Galatie. Il n’y a pas lieu, comme le supposait Mommsen, de suppléer, après provinc(iarum) le mot [Cappadociæ]. — Auparavant, comme nous l’apprend l’inscription, ce personnage avait pris part, comme légat de la légion XIII Gemina, à l’expédition contre les Suèves et les Sarmates, qui eut lieu en 92 (voir chapitre VI). Le consulat n’étant pas indiqué sur cette inscription qui présente un cursus honorum complet, Sospes était prétorien à l’époque où elle fut gravée.

[40] Ce personnage fut consul suffect en 93 (C. I. L., III, p. 859). Or ce fut avant son consulat qu’il fut légat de Cappadoce : voir Waddington, Fastes des provinces asiatiques, n° 114. Entre cette légation et son consulat doivent se placer son proconsulat de Crète et de Cyrène, et sa légation de Lycie. C’est pourquoi il est vraisemblable que la division des deux pro-vines fut faits avant l’année 86.

[41] Le nom de Pomponius Bassus se trouve sur des monnaies de Césarée de Cappadoce, avec l’effigie de Domitien, de l’an ιε’ (15 = 95-96) : voir Mionnet, IV, p. 412, n° 34 ; Supplément, VII, p. 665, nos 35 et 36. C’est certainement par suite d’une erreur qu’on trouve dans Mionnet une monnaie portant le nom de Pomponius Bassus et marquée de l’an 8 (88-89) de Domitien. Mionnet (IV, p. 412, n° 33, Supplément, VII, p. 665, n° 38) indique aussi des monnaies de ce légat datées de l’an ιδ’ (14 = 94-95) ; mais c’est là, très probablement, une autre erreur. Voir Perrot, De Galat. pr., p. 111, n. 2 ; Waddington dans Mommsen, Étude sur Pline, p. 99, n. 1. — En même temps il gouverna la Galatie, comme l’indiquent d’autres monnaies frappées, il est vrai, sous Nerva et Trajan, qui laissèrent à Bassus le commandement de ces deux provinces (jusqu’en 100). Voir Mionnet, IV, p. 375 et suiv., p. 413 ; Supplément, VII, p. 632. Cf. C. I. L., III, 309, 6896, 6897, 6899.

[42] Ephemeris epigr., IV, p. 501.

[43] C. I. L., VI, 3828 : [Avi]dio Quieto, leg(ato) Aug(usti), ornatissimo viro, [deferendum patrocinium] coloniæ nostræ esse.

[44] En 98, il fut légat impérial de Bretagne (Eph. epigr., loc. cit.).

[45] Dumont, Mélanges d’archéologie et d’épigraphie, p. 381, n° 72. — Cf. une inscription datant probablement du règne de Domitien, et mentionnant un έπι[τ]ρό[πος Θράxης (Bull. corr, hellén., IV, 1880, p. 507).

[46] Borghesi, Œuvres, III, p. 275. Mionnet, Supplément, II, p. 401, nos 1187, 1188.

[47] Voir Neris, Epochæ Syromacedonum, dans ses Opera (édit. de 1729), II, p. 328 et suiv. Marquardt, Staatsverwaltung, I, 2e édit., p. 401.

[48] Eckhel, III, p. 265.

[49] Mionnet, V, p. 144, 145 ; Supplément, VIII, p. 115 et suiv.

[50] Marquardt, loc. cit., p. 404.

[51] Mionnet, V, p. 227.

[52] Voir, à ce sujet, Asbach, Bonnische Jahrbücher, LXXXVI, 1888, p. 128, et Westdeutsche Zeitschrift, III, 1884, p. II ; Risse, Forschungen zur Geschichte der Rheinlande in der Römerzeit, p. 23.

[53] C. I. L., XII, 113.

[54] Voir Desjardins, Géographie de la Gaule romaine, III, p. 173 et suiv. ; Mommsen, Römische Geschichte, V, p. 108 et suiv.

[55] Ephemeris epigr., V, p. 652 : diplôme du 27 octobre.

[56] C. I. L., III, 9960.

[57] Dans Suétone (Domitien, 6), L. Antonius Saturninus, légat en 88, est qualifié de Superioris Germaniæ præses. Tacite (Germanie, 29) dit, en parlant de l’annexion définitive des Champs décumates, qui eut lieu probablement sous Domitien : Mox limite acto promotisque præsidiis sinus imperii et pars provinciæ habentur (ce pays, enclos dans nos limites, fait aujourd'hui partie d'une province). Mais ces textes ne prouvent pas grand chose, car, avant Domitien, on se servait déjà du mot provincia dans l’usage courant pour désigner le territoire romain des bords du Rhin : voir Pline l’Ancien, Hist. nat., XXXIV, 2 : in Germanie provincia.

[58] Il est, en effet, à croire que la Germanie Inférieure devint province en même temps que la Supérieure. La plus ancienne inscription connue d’un legatus pro prætore provinciæ Germaniæ Inferioris date d’Hadrien (C. I. L., V, 877).

[59] Voir plus loin, chapitre VI : Guerres du Rhin.

[60] C. I. L., III, 9960.

[61] Peut-être en 87 : voir Klein, Fasti consulares, p. 49.

[62] Rheinisches Museum, XLVI, 1891, p. 599 et suiv.

[63] Mélanges de l’École française de Rome, VIII, 1888, p. 69 et suiv.

[64] C. I. L., IX, 5533.

[65] Titus et Domitien sont exclus par le fait que Salvius Liberalis était à Rome quelques jours après l’avènement de Domitien (C. I. L., VI, 2060). Si Salvius Liberalis avait été juridicus de Bretagne en 96, sous Domitien et Nerva, il serait devenu consul sous Nerva au plus tôt, et il n’aurait pu être désigné par le sort au proconsulat d’Asie (voir C. I. L., IX, 5533) que vers 110 : c’est peut-être prolonger trop la vie de ce personnage qui ne devait déjà plus être jeune en 73, quand il fut mis au rang des anciens tribuns (il avait été auparavant quatre fois quinquennalis à Urbs Salvia), et dont toute mention disparaît après l’année 101.

[66] Strabon, III, 4, 20.

[67] C. I. L., V, 6974 et suiv.

[68] C. I. L., XII, 3167. Il s’agit d’un personnage qui paraît avoir été tribun militaire vers 86 ou en 89 : il dut donc être juridicus sous Nerva ou au début du règne de Trajan.

[69] Mommsen, Ephem. epigr., IV, p. 224.

[70] Rheinisches Museum, XLV, 1890, p. 10.

[71] Suétone, Domitien, 8. — Pline (Panég., 70) fait sans doute une allusion malveillante à cette sévérité si louable de Domitien. Il félicite Trajan d’avoir recommandé aux élections un personnage qui s’était bien acquitté de ses devoirs de questeur provincial, et il ajoute : O te dignum qui de magistratibus nostris semper hæc nunties, nec pœnis malorum, sed bonorum præmiis bonos facias ! Voir aussi Silius Italicus, Punica, XIV, 686 et suiv. :

At ni cura vizi, qui nunc dedit otia mundo,

effrenum arœret populandi cuncta furorem,

nudassent avidæ terras fretumque rapinæ.

On voit d’ordinaire, dans ces vers, une allusion à Nerva (Teuffel-Schwabe, Geschichte der römischen Literatur, § 320, 3 ; Cartault, Revue de philologie, XI, 1887, p. 13) : mais nous pensons qu’il y a plutôt là une flatterie à l’adresse de Domitien. A la fin du règne de ce prince, il n’y eut plus de guerres, et les bienfaits de la paix furent célébrés par Martial et par Stace (voir chapitre VIII, au début). Sous Nerva, an contraire, les Romains eurent à combattre sur le Danube et sur le Rhin. D’autre part, Domitien veilla mieux à la bonne administration des provinces que Nerva, qui voulait ménager l’aristocratie sénatoriale. Les vers de Silius s’appliquent donc plus justement à lui.

[72] Suétone, Domitien, 8. — Voir de la Berge, Trajan, p. 128 et suiv.

[73] Au mois d’août 93, lors de la mort d’Agricola, Massa était déjà accusé (Tacite, Agricola, 45). Nous aurons à reparler de ce procès au chapitre IX.

[74] Sidoine Apollinaire, Lettres, V, 7. Juvénal, I, 35 et le scoliaste, qui cependant commet des erreurs.

[75] Histoires, IV, 50. — Martial (XII, 29, 2) dit que Massa était un voleur.

[76] Pline, Lettres, VI, 29, 8 ; VII, 33.

[77] Ils furent proconsuls dans la même année (Pline le Jeune, Lettres, III, 9, 2). Un passage de Pline pourrait à la rigueur indiquer, comme le croit M. Guiraud (Les assemblées provinciales dans l’empire romain, p. 185, n. 4) que l’enquête contre Classicus était déjà commencée sous Domitien (III, 9, 31) : [Norbanus, chargé de l’enquête,] homo alioqui flagitiosus et Domitiani temporibus usus ut multi, electusque tunc a provincia ad inquirendum, non tamquam bonus et fidelis, sed tanquam Classici inimicus ([Norbanus] député de la province et commissaire enquêteur, prétendait que dans l'affaire de Casta (c'était la femme de Classicus) il s'était laissé acheter). Mais le mot tunc peut désigner seulement ici l’époque à laquelle fut instruit le procès dont parle Pline dans cette lettre, non l’époque de Domitien.

[78] Mommsen, Étude sur Pline le Jeune, traduction Morel, p. 9 et 13.

[79] Sur tous ces personnages, voir l’appendice II.

[80] Philostrate, Vie des sophistes, I, 21, 12 ; cf. Vie d’Apollonius, VI, 42. Voir plus loin.

[81] Frontin, Stratagèmes, I, 1, 18.

[82] C. I. L., II, nos 1963 et 1964, p. 253-262, où se trouve la bibliographie de la question. Je n’insisterai pas sur ces tables ; les dispositions qu’elles renferment ont été souvent étudiées ; de plus, elles ne se rapportent pas spécialement à l’époque de Domitien. Voir surtout Mommsen, Die Stadtrechte der lateinischen Gemeinden Salpensa und Malaga in der Provinz Bætica, dans les Abhandlungen der königlich-sächsischen Geselischaft der Wissenschaften, II, p. 398 et suiv.

[83] Elles sont antérieures à l’année 84, à partir de laquelle Domitien porte toujours sur les monuments le surnom de Germanicus, qu’on n’y lit pas. Mais elles ne remontent pas tout à fait au début du règne de Domitien, car elles mentionnent des édits antérieurs rendus par ce prince (Loi de Malaga, 22 et 23).

[84] Pline l’Ancien, H. N., III, 30.

[85] Voir Hübner, C. I. L., II, p. 261-262.

[86] Au gouverneur étaient cependant réservés le jugement des affaires criminalise et celui des procès civile à partir d’un taux déterminé. Il avait aussi une haute surveillance en matière financière.

[87] Voir Dion Chrysostome, Discours, 39, 40, 43, 45, 46, 47.

[88] Philostrate, Vie des sophistes, I, 21, 12 ; Vie d’Apollonius, VI, 42.

[89] Dion Chrysostome, Discours, 33, 34, 41. — En Bithynie, Nicée reçut, sous Domitien, le droit de s’appeler πρώτη, titre indiquant la place que devaient occuper les représentants de la ville dans la procession du culte provincial (Bourlier, Essai sur le culte rendu aux empereurs romains, p. 111), et que Nicomédie, qui portait déjà celui de μητρόπολις, reçut aussi. Les Nicomédiens se montrèrent fort émus de la faveur faite aux Nicéens, et Dion prononça un discours pour les apaiser (Discours, 38). Après Domitien, Nicée perdit ce titre de πρώτη. Voir Marquardt, Staatsverwaltung, I, 2e édit., p. 355, n. 8 ; Eckhel ; II, p. 427 et p. 430.

[90] C. I. L., III, 6518 et ici, p. 137, n. 6. Cf. Degner, Quæstionis de curatore reipublicæ pars prior (1883), p. 14. Il me semble difficile, vu l’absence complète de témoignages épigraphiques de faire remonter plus haut que la fin du premier siècle cette institution des curateurs, comme le veulent Kuhn (Verfassung des römischen Reichs, I, p. 31) et Herzog (Geschichte und System der römischen Staatsverfassung, II, partie I, p. 309, n. 1).

[91] Tacite, Annales, IV, 56.

[92] Voir, à ce sujet, C. Jullian, Les transformations politiques de l’Italie sous les empereurs romains, p. 105. — Les deux consulaires qu’après l’incendie du Vésuve Titus nomma curatores restituendæ Campaniæ (Suétone, Titus, 6. Dion Cassius, LXVI, 24) doivent être rapprochés des curatores viarum, aquarum, etc., sauf qu’ils reçurent une mission extraordinaire.

[93] Voir, par exemple, C. I. L., XIV, 3993 ; Wilmanns, Exempta, 1213, 1215, etc.

[94] Jullian, loc. cit., p. 110 et suiv.

[95] Voir les indices du C. I. L., III, p. 1074, et VIII, p. 999 ; du C. I. G., p. 133.

[96] Kubitschek, De Romanarum tribuum origine ac propagatione, p. 122-124. Principalement en Afrique. (Kubitschek, Imperium romanum tributim discriptum, p. 136), où un grand nombre de communes sont inscrites dans cette tribu, quoique, pour un certain nombre d’entre elles, l’inscription dans la tribu Quirina puisse remonter à Claude (Kubitschek, De Romanarum, p. 200, n. 741). — En Pannonie, les municipes d’Andautonia et de Latobicoram (Kubitschek, Imperium, p. 226 et 227) ont pu être inscrits dans la tribu Quirina à l’époque flavienne. — Pour les communes espagnoles, pour Solva dans le Norique, pour Siscia en Pannonie, pour Icosium en Maurétanie, l’inscription dans la tribu Quirina date certainement de Vespasien (Kubitschek, Imperium, p. 169 et suiv., 164, 224, 229).

[97] Kubitschek, loc. cit., p. 118-122.

[98] Voir Schiller, Geschichte der römischen Kaiserzeit, I, p. 514, n. 3.

[99] Voir chapitre VI (Guerres de Bretagne).

[100] Mommsen, Römische Geschichte, V, p. 193 et suiv.

[101] Voir chapitre VII.

[102] Suétone, Vespasien, 9. — Voir Bloch, De decretis functorum magitratuum ornamentis, p. 139 et suiv.

[103] Klein, Fasti consulares, p. 49-50. Pour la famille de Valerius Vegetus, voir C. I. L., II, 2074, 2076, 2077.

[104] Pour Sura, Martial, I, 49, 40 ; C. I. L., III, 4508, 4536, 6148. Pour Minucius Natalis, C. I. L., II, 4509 ; Hülsen, Römische Mittheilungen, III, 1588, p. 84 et suiv.

[105] Sura fut consul en 102 pour la seconde fois : voir Klein, loc. cit., p. 54.

[106] C. I. L., II, 1184, 1262.

[107] Pline, Lettres, III, 9, 3.

[108] Peut-être en 87 : voir Klein, loc. cit., p. 49.

[109] Il était consulaire vers 103 (Pline, Lettres, IV, 9,20).

[110] Voir Mommsen, Index de Pline le Jeune, dans l’édition Keil.

[111] C. I. L., XII, 3167.

[112] Waddington, Fastes des provinces asiatiques, n° 114. Il faut remarquer qu’il fit toute sa carrière en Orient.

[113] C. I. L., 3549. C. I. L., III, 7086. Voir Waddington, loc. cit.

[114] Pline, Lettres, III, 9, 3. — Un personnage qui fut introduit dans le Sénat (sans doute allectus inter prætorios) par Vespasien et Titus est qualifié, sur une inscription de Constantine (C. I. L., VIII, 7057), de co(n)s(uli) ex Afric[a p]rimo. Borghesi (Œuvres, VIII, p. 559) pense qu’il s’agit de Q. Pactumeius Fronto, consul suffect sous Titus en 80, mais la chose n’est pas certaine.

[115] Pline, Lettres, VI, 19.

[116] Martial, I, 61 ; III, 20.

[117] Martial, X, 37.

[118] Martial, I, 49 ; I, 61 ; probablement aussi IV, 55.

[119] Martial, I, 8 ; I, 61.

[120] Nous savons, en effet, par Pline, dont l’Histoire naturelle parut en 77, ou par les monnaies, qu’un certain nombre d’entre elles prirent ce titre sous Vespasien. Par exemple, en Espagne, on trouve beaucoup de municipia Flavia, nom remontant certainement à Vespasien, qui conféra le droit latin à toute la contrée. Pour Flaviobriga en Tarraconaise, voir Pline, H. n., IV, 110 ; pour Solva dans le Norique, Pline, III, 146 ; pour Siscia en Pannonie, C. I. L., III, p. 501 ; pour Deultum et Flaviopolis en Thrace, Pline, IV, 45 et 47 (et Kubitschek, Imperium, p. 239, n. 348) ; pour Philadelphie en Lydie, Mionnet, IV, p. 101, n° 557 ; pour Flaviopolis en Cilicie, Eckhel, III, p. 56 ; pour Samosate en Commagène, Eckhel, III, p. 253, et Marquardt, Staatsverwaltung, I, p. 399 : pour Césarée en Samarie, Pline, V, 69 ; pour Neapolis en Samarie, Mionnet, V, p. 499, n° 69 ; pour Emmaüs (Flavia Nicopolis), Josèphe, Guerre de Judée, VII, 6, 6. — Le nom Flavia Æduoram (Autun en Gaule) date de l’époque de Constantin : voir Brandt, Eumenius, p. 23.

[121] Table de Peutinger, édition Miller, Segment IV, 1. Ptolémée, II, 11, 15. Voir plus loin, chapitre VI.

[122] Zangemeister, Bonnische Jahrbücher, LXXVI, 1883, p. 87 et suiv. (inscription de Seligenstadt) : ... L. Gellius, L. f., Flavia Celeranus Nemes... Cf. Hausse, Annali dell’ Instituto, LVII, 1815, p. 260.

[123] Mommsen, Inscriptiones confœderationis Helveticæ, nos 175 (Aventicum y a été interpolé), 179.

[124] Mommsen, Hermès, XVI, 1881, p. 479.

[125] C. I. L., III, p. 533, nos 4192, 4243.

[126] C. I. L., III, p. 498, n° 3919.

[127] C. I. L., III, p. 418, n° 753 ; X, 3375 ; Ephem. epigr., IV, 891, ligne 21 ; 894 b, ligne 13. — Mursa est une colonie d’Hadrien (C. I. L., III, p. 423) et appartient à la tribu de cet empereur, la Sergia (Kubitschek, Imperium romanum tributim discriptum, p. 227). C’est donc probablement par erreur (comme le pense Kubitschek, loc. cit.) qu’elle est qualifiée de Fl(avia) Mursa sur une inscription de Rome (Eph. epigr., IV, 894 b, ligne 8).

[128] C. I. L., III, p. 365, n° 2802.

[129] C. I. L., VI, 3205 ; C. I. L., III, Supplément, p. 1460. — En Dacie, le municipium Drobeta (près de Tura-Severin) date d’Hadrien (Kubitschek, Imperium, p. 230) : c’est peut-être à tort que dans l’inscription C. I. L., III, 8017, on a lu mun(icipii) Fl(avit).

[130] Eph. epigr., IV, 894 b, ligne 3.

[131] Eckhel, II, p. 42.

[132] Mionnet, I, p. 415, n°, 340, 341 ; Supplément, II, p. 444, nos 1423, 1424.

[133] Philippopolis eut cependant sous l’empire une constitution grecque C. I. G., 2047 et suiv.

[134] Voir Eckhel, II, p. 241. Mommsen, Histoire de la monnaie romaine, traduction de Blacas, III, p. 339, n. 5. Mionnet, H, p. 178. n- 222, 223 ; Supplément, IV, p. 75 et suiv., nos 503, 504, 510, 511, 512, 514. Cohen, Domitien, 690, 695, 697 et suiv. Catalogue of the greek coins in the British Museum, Corinth, p. 72-73.

[135] Mionnet, II, p.177, n° 218 ; p. 178, nos 219, 220, 221 ; Supplément, IV, p. 78, n° 521. Cohen, Domitien, 687, 711, 712. Etc.

[136] En effet, on n’a pas de monnaies de Corinthe sous Vespasien et Titus.

[137] Sur une seule monnaie de Trajan, on lit Col(onis) Julia) L(aus) A(ugusta) Fl(avia) Cor(inthus) : Mionnet, Supplément, IV, p. 79, n° 528, d’après Sestini. Est-elle exactement décrite ? l’ordre des mots n’est pas régulier ; il se pourrait d’ailleurs qu’elle fût hybride.

[138] Mionnet, II, p. 424 ; Suppl., V, p. 33 et suiv. : Κρητιέων Φλαουιοπολείτων. — Mionnet, Supplément, V, p. 32, n° 175 : Φλαβιόπολις. — Voir à ce sujet Eckhel, II, p. 412.

[139] Ephem. epigr., IV, 894 b, ligne 17 : M. Aur(elius), M. f(iliu)s, Fl(avia) Faustini(anus) Ancyra. Cf. 894 c, ligne 30.

[140] Eph. epigr., IV, 894 c, ligne 21 : M. Aur(elius), M. f(ilius), Fl(avia) Marinus Sidon(o).

[141] C. I. L., III, 218 : Σε(βαστή) Κλ(αυδία) Φλ(αουία) [Πά]φος (= Lebas et Waddington, Voyage archéologique, 2806 ; cf. 2785).

[142] C. I. L., VIII, 302, 308.

[143] C. I. L., VIII, p. 33 et n° 2568, ligne 46.

[144] Recueil de Constantine, XXIV, 1886-1887, p. 191. — L’inscription africaine, C. I. L., VIII, 14279 (= 1148), ne mentionne pas, comme on l’a cru, une ville portant le surnom de Flavienne.

[145] C. I. L., II, 4721, 4722, 4723. Voir Hübner, au Corpus, p. 627. L’inscription C. I. L., II, 4918, se rapporte probablement à la même route.

[146] C. I. L., III, 312, borne milliaire trouvée prés d’Ancyre. — On voit des vestiges d’une de ces routes entre Ancyre et Iconium (Perrot, De Galatia provincia, p. 102).

[147] C. I. L., III, 318.

[148] C. I. L., III, 4176, 4177. — A Lilybée, en Sicile, l’inscription C. I. L., X, 7227 (datant de 84) mentionne la construction d’un aqueduc, mais rien n’indique que le travail ait été entrepris aux frais de l’empereur.

[149] Édition Dindorf, p. 263 (des bains et un temple d’Esculape). Cf. O. Müller, Antiquitates Antiochenæ, p. 87.

[150] Vers 135. Ce chant fut composé au troisième siècle.

[151] Il faut observer que l’inscription Gruter, p. CLV, n° 1 (= C. I. L., II, 446*) est fausse.

[152] Voir chapitre VI.

[153] Voir Mommsen, Monnaie romaine, trad. Blacas, III, p. 23 et suiv.

[154] Mommsen, loc. cit., p. 29.

[155] Mommsen, loc. cit., p. 33. Cohen, I, p. 389, n. 1. Pick, Zeitschrift für Numismatik, XIV, 1887, p. 353.

[156] Pline, Panég., 20. — Nerva exempta les Italiens de ces réquisitions qui, en temps ordinaire, s’appliquaient au service de la poste. Voir une monnaie dans Eckhel, VI, p. 408 : deux mules paissant derrière une voiture, avec la légende Vehiculatione Italiæ remissa.

[157] Chants sibyllins, XII, 133. — Dans le chant IV (écrit sous Titus en 80), il est question d’une famine qui sévit vers cette époque en Carie (vers 149 et suiv.). — Allusion possible dans l’Apocalypse de saint Jean (VI, 5 et 6), si l’on admet pour la composition de cet écrit la date traditionnelle (fin du règne de Domitien).

[158] Domitien, 17. — Stace, Silves, IV, 3, 11 (vers écrits en 95) :

[Domitianas]

qui castæ Cereri diu negata

reddit jugera sobriasque terras.

Eusèbe, Chronologie, p. 160 et 161, à l’année 2108 (1er octobre 91 - 30 septembre 92). La Chronique pascale (I, p. 466) indique cet édit dès l’année 90.

[159] L’édit de Domitien n’est pas aussi tyrannique qu’il le paraît. Dans les provinces situées au delà des Alpes, il était interdit de planter des vignes (voir Marquardt, Das Privatleben der Römer, 2e édit., p. 446 ; Mommsen, Römische Geschichte, V, p. 98.

[160] Philostrate, Apollonius, VI, 42 ; Vie des sophistes, I, 21, 12. — Philostrate raconte même que Domitien fit cette défense parce que la vigne excite aux troubles. C’est là une invention du sophiste.

[161] Selon Suétone (Domitien, 14), le bruit courut que l’édit ne fut pas exécuté par suite des craintes superstitieuses de l’empereur. Le mécontentement des provinces est une raison assez sérieuse pour qu’on n’en cherche pas d’autre. — Selon Philostrate, le sophiste Scopelianus aurait été envoyé à Domitien pour lui porter tes plaintes de toute l’Asie, et sa mission aurait obtenu un tel succès que non seulement l’empereur accorda la permission de cultiver des vignes, mais menaça même d’amendes ceux qui n’en planteraient pas. Ce dernier trait n’a évidemment rien d’historique ; il est en contradiction avec les vers de Stace cités plus haut, vers faits plusieurs années après l’édit. Stace ne les aurait certainement pas écrits, si cet édit avait été rapporté.

[162] Zonaras, XI, 19, p. 500.

[163] Tacite, Hist., II, 8 et 9. Dion Cassius, LXIV, 9.

[164] Suétone, Néron, 57 : Cum post viginti annos [post mortem Neronis]. adolescente me, extitisset condicionis incertæ qui se Neronem esse jactaret, tam favorabile nomen ejus apud Parthos fuit, ut vehementer adjutus et vix redditus sit (Enfin, vingt ans après sa mort, lorsque je sortais de l'enfance, il parut un aventurier qui se disait Néron. À la faveur de ce nom supposé, il fut très bien accueilli chez les Parthes, en reçut de grands secours, et ne nous fut rendu qu'avec beaucoup de peine). Tacite (Hist., I, 2) cite, parmi les événements qui se passèrent de 68 à 96 : Mota prope Parthorum arma falsi Neronis ludibrio (le Parthe lui-même prêt à courir aux armes pour un fantôme de Néron). En parlant du faux Néron de l’année 69, il dit (Histoires, II, 8) Ceterorum casus conatusque in contextu operis dicemus (Les récits contradictoires qu'on faisait de sa mort avaient donné lieu au mensonge et à la crédulité de le supposer vivant).

[165] Zonaras, XI, 18, p. 496. Chants sibyllins, IV, 137 (chant écrit en 80). Cf. Jean d’Antioche, édition Mailler, Fragmenta historicorum græcorum, IV, p. 578, n° 104. Sur les faux Nérons, voir Mommsen, Römische Geschichte, V, p. 396-397.

[166] Suétone, loc. cit. Tacite, Hist., I, 25. Othon et Vitellius crurent nécessaire de traiter avec respect la mémoire de Néron : voir Tacite, Hist., I, 78 ; II, 71 ; II, 95 ; Suétone, Othon, 7 ; Vitellius, 11 ; Dion Cassius, LXIV, 8 ; LXV, 7.

[167] Néron s’était tué à une certaine distance de Rome, devant quelques témoins seulement. Le bruit se répandit vite qu’il avait échappé à la mort et qu’il s’était réfugié chez les Arsacides. Voir Suétone, Néron, 47 et 57 ; Tacite, Hist., II, 8 ; Dion Chrysostome, Discours 21, p. 300, édition Dindorf ; Chants sibyllins, V, 147 et suiv. et 363 ; VIII, 70 et suiv. (chants composée à l’époque des Antonins).

[168] Voir l’Apocalypse de saint Jean et les poèmes sibyllins IV et V.

[169] Je ne crois qu’il y ait lieu de nier l’existence du faux Néron de l’époque de Titus et de croire à une contusion avec celui du temps de Domitien : voir le texte de Tacite cité plus haut (note 164), ceterorum.

[170] Depuis 63 (voir Mommsen, Römische Geschichte, V, p. 392 et suiv.).

[171] Voir chapitre VI.

[172] Sur dix monnaies frappées entre le 1er janvier 88 et le 13 septembre, Domitien est qualifié d’imperator XIV ; sur une, d’imperator XV (Chambalu, De magistratibus Flaviorum, p. 26). Cette salutation date donc du milieu à pou près de l’année 88. Peut-être se rapporte-t-elle à la révolte du faux Néron, soutenue par les Parthes.

[173] Voir chapitre VI.

[174] Strabon, 7, 3, 10. C. I. L., XIV, 3608 (inscription de Plantius Silvanus, légat de Mésie) : ... leg(ato) pr(o) præt(ore) Mœsiæ, in qua plura quant centum milt(ia) ex numero Transdanuvianor(um) ad præstanda tributa cum conjugib(us) ac liberis et principibus eut regibus suis transduxit.

[175] Eckhel, II, p. 6 : Μυσία : Provincia mœsta humi decumbens juxta armorum congeriem. Il n’est pas vraisemblable qu’elle ait eu pour objet de commémorer l’invasion de cette province par les barbares.

[176] Ainsi les mines d’or de Dalmatie furent exploitées depuis Néron (voir Pline l’Ancien, Hist. nat., XXXIII, 67 ; cf. Stace, Silves, IV, 7, 13, etc.). — Il faut observer cependant que sous l’empire le prix des rations de vivres ne fut plus déduit sur la solde.

[177] Voir à ce sujet Guiraud, Revue historique, II, 1876, p. 248. — Il ne faudrait cependant pas trop exagérer : pendant les guerres civiles qui suivirent la mort de Néron, les soldats donnèrent souvent à l’empereur auquel ils avaient prêté serment des preuves de dévouement désintéressé.

[178] Zonaras, XI, 19, p. 500.

[179] Suétone, Domitien, 7 : Addidit et quartum stipendium militi, aureos ternos (Il accorda aux soldats un quatrième terme de paiement, consistant en trois deniers d'or). Zonaras, loc. cit. Il faut observer qu’une drachme équivalait à un denier et que les soldats étaient payés tous les quatre mois. Avant Domitien, ils recevaient à chaque paye trois aurai ou soixante-quinze deniers. Depuis ils reçurent quatre aurei ou cent deniers. L’augmentation pour toute l’année fut donc de trois aurei ou soixante-quinze deniers. Voir Marquardt, Staatsverwaltung, II, 2e édit., p. 96.

[180] Tacite, Annales, I, 17.

[181] La moitié des donativa accordés aux soldats était conservée dans les caisses d’épargne des légions (Végèce, II, 20). Or, les dépôts devaient titre assez considérables sous Domitien, car Antonius entraîna deux légions à la révolte en les confisquant (voir chapitre VII).

[182] Pline, Panég., 18 [à Trajan] disciplinam castrorum lapsam extinctamque refovisti, depulso prioris seculi malo, inertia et contumacia et dedignatione parendi (dans les camps la discipline détruite et abolie, en bannissant ces fléaux du siècle précédent, la fainéantise, l'indocilité, le mépris du devoir).

[183] Voir chapitre VII.

[184] Pline, Lettres, VIII, 14, 7. Cf. Panég., 18.

[185] Voir chapitre XI.

[186] Suétone, Domitien, 12. Zonaras, XI, 19, p. 500. D’ailleurs, cette diminution du nombre des soldats dut déplaire aux troupes ; le même service était en effet réparti sur un moins grand nombre d’hommes.

[187] Voir chapitre VI, Guerres du Danube.

[188] C. I. L., III, n° 6813 : inscription d’un certain ...nius Gallus Vecilius Crispinus Mansuanius... Marcellinus Numisius Sabinus qui fut successivement tribun militaire de la XXI Rapax, triumvir capitalis, légat d’Asie, questeur du Pont et de la Bithynie, tribun de la plèbe, préteur, curateur des voies Clodia, Cassis, Aunia, Ciminia, Trajana nova ; præfectus frumenti dandi, légat de la légion II Trajana forcis. La II Trajana dut être créée en 106. La date de la construction de la voie Trajana nova est inconnue et peut remonter aux premières années du règne de Trajan. Selon Borghesi (Œuvres, IV, p. 178), ce n’aurait été que sous Hadrien qu’on aurait rattaché l’administration de la via Trajana nova à celle des voies Clodia, etc. ; mais les raisons qu’il donne ne sont nullement convaincantes. Rien n’empêche donc de penser que le personnage dont il s’agit ait été tribun de la XXI Rapax sous Domitien.

C. I. L., V, 7447 : [Po]mponianus Secundus P. Cesti[us ...] Priscus Ducenius Proc[ulus, leg(atus) Imp(eratoris) Ca]es(aris) Nervæ Trafani Aug(usti) legion(is) [..., sevir eq(uilum) r(omanorum)] turm(æ) VI, tribun(us) militum legion(is) XXI Ra[pacis]. Ce personnage fut légat de légion sous Trajan, peut-être avant la fin de l’année 102, Trajan ne portant pas sur l’inscription le surnom de Dacicus : il a donc pu être tribun de la XXI Rapax avant 92.

[189] Dion Cassius, LV, 24.

[190] Voir plus loin, chapitre VII.

[191] C. I. L., VI, 1444.

[192] C. I. L., ibid.

[193] Aurelius Victor, Épitomé, 13.

[194] Klein, Fasti consulares, p. 54.

[195] Dans l’inscription de L. Magius Dubius (voir note 198) gravée, semble-t-il, du vivant de Domitien, ce soldat de la I Minervia est indiqué comme ayant fait treize années de service, ce qui forcerait à placer la création de la légion en 84 au plus tard (Domitien étant mort en 96), s’il était absolument certain que L. Magius Dubius n’eût pas servi auparavant dans une autre légion.

[196] Brambach, C. I. R., n° 680 (sur la date de cette inscription, voir Ritterling, De legione Romanorum X Gemina, p. 40 et suiv.). Cf. C. I. L., III, 6819.

[197] Ce fut, semble-t-il, comme légion de cette province qu’elle reçut les surnoms de Pia Fidelis (voir chapitre VII).

[198] On lit sur une inscription trouvée à Bonn (Bonnische Jahrbücher, LVII, 1876, p. 70) : L. Magius, L. (f.) Ouf. ; Dubius, Mediolani, mit. leg. I F. M. P. F. D., armorum custos, c(enturia) Audifi Martialis, ann. XXXI, stip. XIII. M. Ritterling (loc. cit., p. 72) fait observer, avec raison, je crois, qu’il faut lire : leg(ionis) I F(laviæ ?) M(inervia) P(iæ) F(idelis) D(omitianæ), ce qui indique que l’inscription est du temps de Domitien.

[199] Voir chapitre. VI, Guerres du Rhin.

[200] Vespasien installa en Cappadoce deux légions au moins (Suétone, Vespasien, 8). M. von Domaszewski (Korrespondanzblatt der Westdeutschen Zeitschrift, XI, 1892, p. 115) croit que l’une de ces légions pourrait avoir été la XVI Flavia, nouvellement créée. — On doit remarquer cependant qu’au milieu du règne de Domitien, alors que la Cappadoce, séparée de la Galatie, était une province impériale de rang prétorien, elle ne dut plus avoir qu’une seule légion. Mais, à la fin du règne, la Cappadoce et la Galatie furent de nouveau placées sous un consulaire, qui dut avoir plusieurs légions à sa disposition.

[201] La dernière mention de cette légion est de l’année 84 (C. I. L., III, 86). Elle ne figure pas sur les colonnettes légionnaires faites, au plus tard, en 170 (C. I. L., VI, 3492 a et b). Borghosi (Œuvres, IV, p. 254) la fait disparaître au commencement du règne de Marc-Aurèle ; Pfitzner (Geschichte der römisches Kaiserlegionen, p. 269), dans la guerre d’Hadrien contre les Juifs : ces deux hypothèses ne sont pas appuyées de preuves. Mommsen (Ephemeris epigraphica, V, p. 9, n. 1) croit qu’elle fut supprimée par Trajan et remplacée par la II Trajana. Dans ce cas, on ne pourrait arriver au total des trente légions de Trajan et d’Hadrien (voir note suivante) qu’en admettant le maintien de la XXI Rapax jusqu’au règne d’Hadrien et l’on ne verrait pas quelle fut la légion détruite par les Sarmates en 92. — Quoi qu’il en soit, une des deux légions d’Alexandrie (la III Cyrenaica et la XXII Dejotariana) quitta certainement cette ville sous Domitien qui, dit Suétone (Domitien, 7), geminari legionum castra prohibuit (il défendit de doubler les camps des légions).

[202] Il n’y a pas lieu d’ajouter à celles que j’ai énumérées soit la XV Primigenia, soit la V Alaudæ. Ces deux légions durent être supprimées par Vespasien, en même tempe que la I, la IV Macedonica et la XVI Gallica, qui, comme elles, avaient été vaincues, en partie détruites par Civilis, et avaient prêté serment de fidélité à l’empire des Gaules : la XXII Primigenia fut seule épargnée à cause des souvenirs glorieux laissés par son légat Dillius Vocula (voir Mommsen, Römische Geschichte, V, p. 130). — Trajan créa deux légions : 1° la II Trajana qui existait certainement en 109 (C. I. L., III, 79) et qui remplaça probablement en 106, après la conquête de l’Arabie, la III Cyrenaica à Alexandrie ; 2° la XXX Ulpia, qui semble avoir remplacé en Germanie Inférieure la X Gemina, envoyée sur le Danube à la suite de la conquête de la Dacie. Nous arrivons ainsi au total de trente légions et c’est, en effet, le chiffre qui noua est donné pour l’époque d’Hadrien (Spartien, Hadrien, 15).

[203] Pour les ailes et les cohortes du nom de Flavia, voir surtout Mommsen, Ephem. epigr., V, p. 164 et suiv., passim. — Nous omettons les corps auxiliaires datant certainement de l’époque de Vespasien.

[204] C. I. L., II, 2554. 2600, 2637. Si la restitution de Hübner au n° 2637 est exacte, elle existait dès l’époque de Vespasien.

[205] Nommée C. I. L., VIII, 2394 et 2395.

[206] Archdologisch-epigraphische Mittheilungen aus Œsterreich, XI, 1887, p. 25.

[207] C. I. L., III, p. 869.

[208] C. I. L., III, 3223.

[209] Recueil de Constantine, XXII, 1882, p. 361.

[210] C. I. L., III, p. 863.

[211] Nommée C. I. G., 3497. Cf. Brambach, n 893.

[212] Ephem. epigr., II, p. 460.

[213] C. I. L., III, p. 867.

[214] C. I. L., III, 5822.

La I Flavia gemina et la H Flavia gemina existaient dès 74 (C. I. L., III, p. 852). Avec ces deux ailes, il faut, semble-t-il, identifier :

1°) La I Flavia (C. I. L., V, 8660 ; Brambach,1525, 1645) ; la I Flavia miliaria (Brambach, 1468) ; la I Flavia civium Romanorum (C. I. L., III, 5906) ; sans doute aussi la I Flavia Fidelis (C. I. L., V, 538) ;

2°) La II Flavia (Brambach, 981) ; la II Flavia Pia Fidelis miliaria (C. I. L., III, p. 867). — L’ala Flavia Pia Fidelis miliaria (C. I. L., XIV, 2287) doit être une de ces deux ailes.

Je ne sais quelle était l’ala Flavia qui, soin Caracalla, se trouvait en Numidie (C. I. L., VIII, 4510 ; Ephem. epigr., V, 667).

[215] C. I. L., III, 1627 et p. 868.

[216] Pour le nom, voir C. I. L., X, 6426.

[217] Waille, Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 1891, p. 502.

[218] Nommée C. I. L., III, 4811. Cf. Orelli-Henzen, 6519.

[219] C. I. L., III, p. 855, si on l’identifie avec la I Brittonum malaria. Cf. la I Ulpia Brittonum malaria (C. I. L., III, p. 886).

[220] Nommée dans Orelli, 804 (= C. I. L., VII, p. 87).

[221] C. I. L., III, p. 863.

[222] C. I. G., 4716 d, 9, p. 1193 du tome III.

[223] C. I. L., III, p. 865.

[224] Ephem. epigr., V, p. 612. Cf. Mommsen, Ephem. epigr., VII, p. 457.

[225] Ephem. epigr., II, p, 460. Cf. Ephem., II, 1004 et 1005 (= Ephem., IV, 634).

[226] C. I. L., III, 129.

[227] Nommée dans Brambach,1412, 1417 e.

[228] Ephem. epigr., V, p. 652. Cf. C. I. L., III, p. 870.

[229] Brambach, 914.

[230] C. I. L., III, p. 865.

[231] C. I. L., III, 1343, 1355, etc.

[232] Ephem. epigr., IV, p. 506.

[233] C. I. L., III, p. 876. Cf. Ephem. epigr., II, 467.

[234] Waille, Bulletin archéologique du Comité du travaux historiques, 1891, p. 502.

[235] Nommée C. I. L., V, 6584, p. 1087.

[236] Nommée C. I. L., III, 600.

[237] C. I. L., VIII, 2844, 4517.

[238] Brambach, 60 d, 645 (?).

[239] Nommée C. I. G., 3615, 3616, 3617.

[240] Henzen, Annali dell’ instituto, LVII, 1885, p. 237.

[241] C. I. L., VI, 3252-3260.

[242] Henzen, loc. cit., p. 265.

[243] Hermès, XIV, 1879, p. 33.

[244] Quant aux cohortes urbaines, leur nombre ne semble pas avoir été augments depuis Vespasien. Il y en avait six : quatre à Rome (les 10e, 11e, 12e, 14e), une à Lyon (d’abord la 1ère, puis la 13e), une à Carthage (d’abord la 13e, puis la 1ère). Voir Marquardt, Staatsverwaltung, II, 2e édit., p. 483.