DE LA RACE ET DE LA LANGUE DES HITTITES

PREMIERE PARTIE

 

 

Il importe, avant tout, de donner quelques renseignements, aussi brefs que possible, sur l'histoire du peuple dont nous allons étudier la race et la langue. afin de fixer exactement la durée de sa carrière. les rapports qu'il eut avec ses voisins et les vicissitudes de son existence.

Les sources que nous possédons sont au nombre de cinq : la Bible, les documents égyptiens, les documents assyriens, les monuments hittites eux-mêmes et, pour une indication courte, mais importante, les inscriptions cunéiformes arméniennes.

§ 1. — La Bible.

Dans un de ses premiers chapitres, nous trouvons indiquée l'origine ethnographique des Hittites[1] : ils sont fils de Heth, lui-même fils de Chanaan.

Dans la suite du récit biblique, on peut distinguer deux groupes de populations auxquels s'applique le nom de Hittites :

1° Ce sont d'abord les Hittites du Sud. Ils sont établis en Palestine au temps d'Abraham[2], notamment à Hébron[3], où ils dominent. C'est parmi eux qu'Ésaü choisit deux de ses femmes[4]. Ils font partie de l'énumération quasi-sacramentelle des peuples qui occupaient la terre de Chanaan au temps de l'Exode, de Josué et des Juges[5]. Ils existaient encore au temps des rois. David trouva dans leurs rangs des amis[6] et des serviteurs[7], Salomon des femmes pour son harem[8]. Au temps de ce prince, ils sont définitivement rayés de la liste des peuples historiques[9].

2° Les Hittites du Nord apparaissent plus tard que les premiers dans l'histoire d'Israël. Leur pays est désigné sous le nom de terre des Hittites[10]. Une de leurs villes, au temps de David, s'appelle Qadesch[11]. Ils sont en relations commerciales suivies avec Salomon[12] ; le seul bruit de l'arrivée de leur armée suffit à mettre en fuite le puissant roi de Damas, qui assiégeait Samarie au temps de Joram[13].

En résumé, les premiers ne constituent qu'une peuplade palestinienne, apparentée aux Amorrhéens[14] et aux Chananéens, sans influence politique, sans siège bien déterminé ; tout au plus certains passages[15] permettent-ils d'inférer qu'ils avaient possédé une puissance considérable dans les temps anciens. Les seconds, au contraire, forment, au nord de la Palestine, plusieurs royaumes parfaitement constitués, dont les forces militaires unies sont fort redoutables ; leur rôle commence dans la Bible à l'époque où leurs homonymes semblent quitter la scène de l'histoire. Il est bon d'insister, dès à présent, sur les caractères qui distinguent ces deux groupes, quoique le tableau ethnographique du chapitre X de la Genèse semble leur donner une origine identique.

§ 2. — Les documents égyptiens.

L'intervalle de temps qui sépare Abraham de la conquête de la terre de Chanaan par Josué offre, dans la Bible, une lacune dont les documents égyptiens comblent heureusement la partie la plus intéressante pour nous. Les relations, tantôt guerrières, tantôt pacifiques de l'Égypte avec les Hittites remplissent l'histoire de la XVIIIe et de la XIXe dynastie.

Signalons tout d'abord un fait important.

Le grand conquérant de la mime dynastie Toutmès III (1503-1449 avant Jésus-Christ[16]), dans ses campagnes syriennes, qui se répétèrent à plus de quatorze reprises et qui s'étendirent jusqu'à la rive gauche de l'Euphrate, traversa nombre de fois le territoire occupé par les Hittites du Nord. Et pourtant ses récits ne mentionnent jamais la présence des Hittites en ces parages. Nous savons qu'il prit le roi de Qadesch à la célèbre bataille de Megiddo[17] ; nous savons qu'il s'empara différentes fois de Qadesch[18] et de Carchemisch[19], villes qui furent certainement occupées par les Hittites. Il se rendit maître d'une foule d'autres localités qui appartinrent à leur domination, par exemple Tunep[20], Anaugas[21], Alep[22] : il traversa le pays de Naharaïn, situé au cœur des royaumes hittites. Jamais il n'est question de ceux-ci dans les inscriptions qui relatent les faits d'armes que nous venons de rappeler. C'est à l'extrémité de son empire seulement. après l'expédition la plus septentrionale et la plus éloignée qu'il eût tentée, que Toutmès III trouva ce qu'il appelle le grand pays de Khéta ou Khéta-le-Grand et en reçut le tribut[23]. Le fait est significatif et démontre à l'évidence. selon nous, qu'au commencement du XVe siècle avant notre ère, la Syrie n'avait pas encore passé sous le joug des Hittites et se trouvait toute entière aux mains des Chananéens et des Rutennu[24], divisés en une foule de petits royaumes, tantôt séparés, tantôt confédérés, mais sans rapports de dépendance à l'égard de la nation qui les soumit dans la suite[25].

Nous sommes à même aujourd'hui de suivre avec quelque détail l'évolution progressive de cet épisode historique et d'étudier l'extension graduelle des Hittites en Syrie. La découverte des tablettes cunéiformes de Tell-Amarna[26]. véritable coup de théâtre historique et archéologique, nous permet, en effet, de jeter un coup d'œil dans les archives des rois d'Égypte et de déterminer les rapports qui les unissaient aux pays conquis par eux, au Ive siècle avant Jésus-Christ.

Ces documents, retrouvés en Égypte, proviennent de l'Assyrie, de la Babylonie, de la Palestine, de la Syrie du Nord et de divers pays non identifiés pour le moment. Ils se divisent en deux classe ; qui correspondent aux relations particulières que les rois d'Égypte avaient avec ces pays : relations d'alliance, relations de domination et de suprématie. Ils émanent, en conséquence. soit de rois ou de princes indépendants qui traitent sur un pied de quasi-égalité avec l'Égypte, soit, au contraire, de vassaux soumis au tribut, de villes subjuguées, de gouverneurs préposés à la garde de certaines localités.

Deux faits, extrêmement remarquables au point de vue qui nous occupe, se dégagent de ces documents.

D'abord, ils sont écrits entièrement et sans exception en caractères cunéiformes, et rédigés. sauf trois pièces, en une langue fort voisine de l'assyrien, si pas identique.

Ensuite, divers passages. extraits de ces correspondances, mettent sous nos yeux la marche en avant des Hittites, qui cherchent dès cette époque à s'étendre dans la partie de la Syrie qu'ils occuperont plus tard. Examinons ces deux faits de plus près.

I. Rien de plus inattendu que la langue dont se servent les correspondants des Pharaons. Que les rois de Babylone et d'Assyrie aient écrit leurs missives aux rois d'Égypte en babylonien et en assyrien, il n'y a là rien que de très naturel. Mais voici des lettres du roi d'Alašia[27], dont le pays était situé certainement en Syrie, voici des lettres de gouverneurs, ou de vassaux, de Byblos, de Sidon, d'Akka, d'Askalon, de Lachis, et toutes sont rédigées en assyrien, altéré, certes, par des variantes dialectales, mais reconnaissable sans erreur possible. Chose plus étrange encore, voici deux lettres, écrites en caractères cunéiformes, émanant l'une du roi de Mitâni[28], l'autre du roi d'Arsapi[29], et rédigées dans des idiomes inconnus. totalement différents de l'assyrien ! Comment expliquer ces phénomènes ?

Certains[30] voient dans l'assyrien la langue diplomatique officielle du XVe siècle avant Jésus-Christ, de même que l'araméen le fut sous les monarques perses. D'autres[31], avec plus de raison, refusent d'admettre cette hypothèse, voient dans l'assyrien la langue nationale d'Alašia et de Mitâni, et pensent que les gouverneurs des villes palestiniennes étaient choisis parmi les tribus de langue assyrienne alliées à l'Égypte. Cette manière d'envisager les choses nous paraît de tous points préférable. Il faut admettre toutefois que la langue de Mitâni n'était pas seulement l'assyrien, mais que deux langues étaient parlées dans ce pays, l'une peut-être par le peuple, l'autre par une dynastie conquérante.

Cet état de choses correspond exactement à la situation que nous décrivions plus haut. Au temps de Toutmès III et des Amenophis, ce sont les Rutennu, de race sémitique[32], — nous pouvons ajouter aujourd'hui de langue assyrienne — qui dominent la Syrie du Nord : voilà pourquoi le roi d'Alašia et le roi de Mitâni parlent une langue sémitique ; mais, d'autre part, une race différente, les Khétas ou Hittites, commence à se montrer dans la même région, où Toutmès III les rencontre pour la première fois. Voilà pourquoi nous trouvons dans ces parages les traces d'idiomes étrangers[33].

II. Cette invasion n'est pas une simple conjecture. Les documents nous la font toucher du doigt. A l'époque ou nous nous trouvons — peu d'années après Toutmès III — la partie se joue entre Égyptiens et Hittites dans le pays de Nu-ha-aš-šé, que nous identifions sans hésitation avec le pays d'Anaugas[34] des annales de Toutmès. Sous Toutmès IV (Ma-na-ah-bi-ia = Men-heprû-Ra'), l'Égypte pouvait encore placer dans ce pays des vassaux dépendants d'elle[35].

Sous Amenophis III, successeur du précédent, la situation a changé. Le pays de Nuhaššé est désormais occupé d'une manière à peu près continue par les Hittites ; ceux-ci profitent de cet avantage pour s'étendre à l'ouest, vers la région connue par les assyriologues sous le nom de pays d'Aharru[36]. La ville de Tunep parait menacée, et les vassaux du roi d'Égypte multiplient les demandes de troupes et de chars pour tacher de s'opposer aux progrès des envahisseurs.

Les lettres d'un nommé A-zi-ru, fonctionnaire ou vassal du roi d'Égypte, publiées par M. Winckler[37], sont des plus intéressantes à ce point de vue. Aziru se tenait probablement non loin de Su-mu-ri (Simyra) et de Gub-la (Gébal, Byblos)[38]. A plusieurs reprises, il annonce l'occupation du pays de Nuhaššé par les Hittites, leur marche vers le pays d'Aharru. et la prise éventuelle de Tunep[39]. Aziru ajoute d'ordinaire qu'il redoute l'ennemi, parfois il demande des secours[40], et ne manque pas de protester qu'il saura protéger le pays de son souverain[41]. La plupart des lettres mentionnent aussi des opérations militaires faites de concert avec un certain Ha-ti-ib[42], et l'une d'entre elles contient l'aveu, un peu voilé, mais fort clair néanmoins, d'une défaite que leur a infligée l'ennemi. Je transcris ici une partie de cette lettre[43] et je la traduis. Après un préambule de forme consacrée, adressé à Du-u-du, qu'A-zi-ru appelle son père (sens figuré), nous lisons ce qui suit :

(4) Ha-ti-ib i-il-la-ka-[44] am (5) u u-ta-pa-at-[45] am a-ma-tê (6) šarri bêli-ia pa-nu-tu u tabu-ta (7) u ha-ad-ia-ku danniš[46] danniš (8) u mât-ia u ahi (plur) ia (9) ardati ša šarri bêli-ia (10) u ardati Du-udu bêli-la (11) ha-du-nim danniš danniš (12) i-nu-ma i-il-la-ka-am (13) ša-ar-ru ša šarri bêli-ia (14) êli-ia iš-tu a-ma-tê (15) bêli-ia ili-a Šam-ši-ia (16) u iš-tu a-ma-té Du-u-du (17) bêli-ia la a-pa-at-tar (18) bêli-ia a-nu-um-ma Ha-ti-ib (19) iz-za-az it-ti-ia (20) a-na-ku u šu-u-tu ni-il-la-kam (21) bêli-ia šar Ha-at-tê (22) i-il-la-ka- am i-na Nu-ba-aš-šé (23) u la i-li-'-ê a-la-ni (24) ša ip-tu-ur šar Ha-at-tê (25) u a-nu-um-ma i-il-la-kam[47] (26) a-na-ku u Ha-ti-ib (27) Šarru bêli-ia a-ma-tê-ia (28) li-iš-mê-ê bêli-ia pul-ha-ku (29) iš-tu pa-ni šarri bêli-ia (30) u iš-tu pa-ni Du-u-du .....

Hatib est arrivé et a fait connaître d'abord les paroles du roi, mon seigneur, et elles sont bonnes et je me suis réjoui extrêmement et mon pays, et mes frères, serviteurs du roi, mon seigneur, et serviteurs de Dûdu, mon seigneur, nous nous sommes réjouis extrêmement. Maintenant la splendeur du roi, mon seigneur s'est répandue sur moi. Je ne transgresserai pas les paroles de mon seigneur, mon dieu, mon soleil[48], ni les paroles de Dûdu, mon seigneur. Mon seigneur, pour le moment Hatib se tient avec moi ; moi et lui nous avons marché en avant. Mon seigneur, le roi des Hittites s'est avancé dans le pays de Nuhaššé et les villes que le roi des Hittites a prises ne sont pas fortes (?) et actuellement moi et Hatib nous avançons. O roi, mon seigneur, écoute mes paroles. Je suis saisi de crainte devant le roi, mon seigneur et devant Dûdu...

On le voit, Aziru implore la clémence royale et celle de son protecteur Dûdu, pour un échec qu'il a probablement subi, et qui ressort assez clairement des lignes qui précèdent.

Cette occupation du pays de Nuhaššé par les Hittites eut évidemment ses vicissitudes et ses revers. Une dépêche d'Aziru transmet au même Dûdu un message des rois de Nuhaššé[49]. Enfin. il semble résulter de certaines pièces, dont la teneur originale nous est inconnue et dont nous ne possédons qu'une transcription et une traduction de M. Sayce, que le roi des Hittites fut capturé sur les confins du pays de Ku-ti-ti (?)[50]. Ce qui est plus certain, c'est qu'à cette époque les roitelets syriens se défiaient fort des Hittites et s'efforçaient de détourner les rois d'Égypte de traiter avec leur roi[51]. Nous avons dans ce dernier fait la clef de la politique égyptienne en Syrie : désireux avant tout de contenir des rivaux dangereux, les Pharaons tâchaient de rallier autour d'eux les petits souverains indigènes, qui eussent été les premières victimes d'une invasion hittite. Appuyés sur leur intérêt commun, les vassaux de l'Égypte formaient avec leur suzerain une barrière compacte et pouvaient espérer résister à l'envahissement progressif de la Syrie.

Cet espoir fut déçu. Au temps de Ramsès II (XIXe dynastie vers 1318[52] av. J.-C.), les Hittites sont maitres de Qadesch[53] sur l'Oronte, et menacent les Égyptiens à la tête d'une formidable coalition où les peuples de la Syrie septentrionale se confondent avec des peuples de l'Asie-Mineure[54]. On sait que la célèbre bataille qui se livra sous les murs de cette ville ne fut rien moins qu'un triomphe pour l'Égypte-. L'on sait aussi qu'un traité, conçu sur le pied d'une égalité réciproque, termina la guerre. Mais l'Égypte ne profita pas longtemps de la situation si laborieusement acquise. Dès le règne de Ramsès III (XXe dynastie, 1180-1150), une invasion, ou plutôt une véritable migration de peuples du Nord, mit à néant son empire syrien, en même temps qu'il causait aux royaumes hittites un mal irréparable. Aussi, à partir de ce moment, les annales égyptiennes font silence sur le sujet qui nous occupe.

§ 3. — Les documents assyriens.

Heureusement, à un siècle de distance, les documents assyriens viennent à notre aide.

Lorsque nous les ouvrons, nous constatons le contre coup des derniers événements que nous venons de mentionner. Les premières armes de Tiglathpiléser Ier (vers 1100 av. J.-C.) furent dirigées contre le peuple des Muški, lesquels, poussés probablement par le courant de la migration, s'étaient établis, cinquante ans avant le règne de ce roi, dans les pays d'Alzi et de Purukuzzi et avaient envahi subitement le pays de Kummuh[55]. Signalons le nom d'un des rois de Kummuh vaincus par Tiglathpiléser : il s'appelle Ša-di-antê-ru, fils de Ha-at-tu-hi[56], c'est-à-dire issu de la dynastie de Hattu (le suffixe hi paraît clairement désigner la descendance, comme en vannique). Peu après, le roi s'attaqua à d'autres peuplades apparentées aux Hittites, les Kaski et les Urumi[57], soldats de Hatti, dit le texte, qui s'étaient établis sur la rive gauche de l'Euphrate dans son cours moyen. Une autre expédition[58] fut dirigée contre les rois de Naïri, dont les royaumes s'étendaient entre l'Euphrate et le Murad-su, et de là jusqu'aux bords de la mer Noire[59]. Chose remarquable, les montagnes et certaines localités de ces pays portent des noms dont la parenté avec quelques noms hittites, d'une part, avec le vannique, d'autre part, est indiscutable.

Nous n'entrerons pas dans le détail des campagnes de Tiglathpiléser, ni de ses successeurs. Le seul fait qui nous intéresse est l'extension que nous venons de constater de la race hittite sur la rive gauche de l'Euphrate, dans la Commagène entendue au sens assyrien, et l'existence d'une race apparentée sur le cours supérieur de l'Euphrate et, de là, vers la mer Noire.

Aššurnasirpal (883-859) s'attaqua[60] aux royaumes hittites de la Syrie, ainsi qu'au pays de Patin (situé sur l'Ifrin et l'Oronte, dans leur cours inférieur). A cette époque, ces contrées enlevées par les Hittites aux Égyptiens sont toujours aux mains des premiers. Mais, contrairement à ce qui se passait au XVe siècle avant notre ère, nous ne voyons plus un chef unique[61] imposer sa suzeraineté aux petits royaumes qui se partageaient le pays. Ces souverainetés minuscules, indépendantes entre elles, subsistent seules, et ce morcellement empêche désormais toute résistance sérieuse aux rois d'Assyrie, dont les expéditions vont aller se multipliant sans cesse.

Les Hittites passent ainsi au rang de tributaires, jusqu'au moment ou Sargon[62] (722-705) s'empare de Carchemisch et y place un gouverneur assyrien (717 av. J.-C.).

§ 4. — Les inscriptions vanniques.

Les inscriptions vanniques, actuellement connues, datent du ixe et du ville siècle avant notre ère. Elles nous permettent de suivre avec quelque détail le développement du royaume fondé à Van par les rois proto-arméniens. et leurs expéditions guerrières. Vers le cours supérieur et sur la rive gauche de l'Euphrate notamment, nous voyons Menuas. roi de Van, s'emparer de plusieurs villes hittites et capturer des soldats du pays d'Alzi[63]. Dans une expédition, dont la stèle de Palu (sur l'Euphrate oriental ou Murad-su) nous rappelle le souvenir, le même roi, venant probablement de Van, bat d'abord le roi de Gûpâ(s) et les Hittites, puis, dans les environs de Palu, le roi de Mélitène[64]. Argistis Ier, fils de Menuas, nous raconte[65] qu'en s'approchant du pays des Hittites, il conquiert d'abord le pays de Niriba, puis la Mélitène.

Ces faits témoignent de l'extension qu'avait pris l'empire des Hittites dans la Syrie septentrionale et jusque sur la rive gauche de l'Euphrate. Il est assez difficile de savoir, toutefois, si les Hittites étaient des conquérants nouveaux ou des possesseurs anciens de ces pays. A notre avis, la présence des Hittites dans les mêmes régions, au temps de Tiglathpiléser Ier, s'accorde mieux avec la seconde hypothèse.

§ 5. — Les monuments hittites.

Les faits que nous venons de rappeler, à part quelques rares exceptions, concernent exclusivement la Syrie, au sens propre du mot. Les monuments hittites, que nous allons passer maintenant en revue, ne sont pas restreints à cette contrée. Ils débordent en Asie-Mineure et s'étendent suivant deux ligues continues jusqu'au mont Sipyle, sur les bords de la mer Égée. Ces monuments sont d'espèces bien différentes : inscriptions isolées, fragments de statues, bas-reliefs garnissant l'entrée de certains édifices, sculptures rupestres, pierres tumulaires (?), ruines de vastes palais, restes de sanctuaires mystérieux, pierres gravées, bronzes, etc. Nous n'épuiserons pas le détail de ces classifications et nous nous bornerons à énumérer d'abord les inscriptions proprement dites, en indiquant les localités où elles furent trouvées et en déterminant le caractère général du système hiéroglyphique dans lequel elles sont conçues. Nous nous occuperons ensuite des représentations figurées, à quelque catégorie qu'elles appartiennent, en notant ici aussi leur situation et leurs traits caractéristiques. Notre but, en effet, n'est pas d'interpréter ces monuments, mais de fixer avec précision l'aire géographique de l'influence hittite et de marquer les indices auxquels nous pouvons reconnaître cette influence.

I. — INSCRIPTIONS[66].

Les inscriptions de Hamath, au nombre de cinq, sont les plus méridionales que l'on connaisse jusqu'à présent. C'est par elles que le monde savant apprit l'existence du système hiéroglyphique des Hittites, destiné à susciter tant d'interprétations diverses.

Ces hiéroglyphes représentent parfois la figure humaine, parfois certains membres du corps comme le pied, la main, parfois des animaux, des fleurs, des ustensiles divers ; ils renferment aussi des signes sans rapports avec des objets naturels. L'homme n'est jamais reproduit en entier, comme dans le système égyptien. Les animaux qui dominent sont la colombe, les têtes de chèvres, de taureaux, d'antilopes, de béliers ; on rencontre aussi le lièvre. Parmi les objets, on remarque surtout une sorte de triangle allongé. simple ou double, rappelant un obélisque ou une tiare, des demi-cercles, des croix. des lignes répétées, ou séparées par un point, etc. Tous ces signes, à part quelques exceptions, sont sculptés en relief. Ils sont rangés en lignes horizontales qui se lisent alternativement de droite à gauche et de gauche à droite (boustrophédon), et parfois superposés verticalement dans ces lignes horizontales. En certains cas, ils couvrent une statue entière, sans respect pour le modelé : dans d'autres. au contraire, la statue se détache sur un fond d'hiéroglyphes. Il paraît certain, dès à présent, que ce système graphique a subi dans le cours des siècles certaines modifications, et l'on peut distinguer une forme archaïque, plus pictographique, et une forme moderne. plus conventionnelle, dans les inscriptions que nous possédons.

La ville d'Alep fournit une inscription fort détériorée ; Jerabis, la Carchemisch des documents cunéiformes et de la Bible, quatre inscriptions assez longues[67], plus un grand nombre de fragments. A Samosate, l'expédition Humann et Puchstein a découvert une stèle portant quinze lignes d'écriture en mauvais état[68]. A Babylone même, on a trouvé une coupe avec des signes gravés en creux ; à Ninive huit ou neuf empreintes d'argile, restes évidents du commerce hittite avec l'empire assyro-babylonien. A Marasch, ville de Syrie, des documents importants ont été signalés : un lion portant une longue inscription, une stèle funéraire[69] (?), deux fragments de piliers[70], un torse humain[71], une grande stèle[72], portant des inscriptions moins étendues.

Voilà pour la Syrie. Passons maintenant en Asie-Mineure. A Ibriz, en Lycaonie, il existe une sculpture rupestre accompagnée de plusieurs lignes d'écriture ; à Tyana (Bor, non loin de Nigdeli), deux inscriptions sont connues[73]. Notons encore d'autres vestiges à Gürün, à Kaisarieh (?), près des mines d'argent du Bulgar-Dagh[74], et à Frahtin[75].

Plus à l'ouest, signalons l'inscription de Külitolü, non loin d'Ilgün[76] ; plus au nord, les inscriptions presque illisibles de Boghaz-Keui[77], quelques signes à Euyuk[78], l'inscription de Beykeui[79], en Phrygie. enfin les cartouches qui accompagnent la Niobé du Sipyle et le pseudo-Sesostris du défilé de Karabéli (près de Smyrne).

Il est des inscriptions dont la provenance ne peut être indiquée, notamment celles qui garnissent certains cylindres ou cachets. l'inscription de la bulle de Tarkudimme (voyez ci-dessous), deux inscriptions récemment signalées par M. Ménant[80], et les calques de certaines inscriptions rapportées de Mésopotamie (?) par le père de Ryllo S. J.[81]

Enfin, le Musée de Berlin possède une coupe de bronze provenant de Toprak-Kaleh (colline près du lac de Van) qui porte trois signes analogues aux signes hittites[82].

II. — REPRÉSENTATIONS FIGURÉES ET MONUMENTS.

Il serait fastidieux de décrire tous les vestiges qui appartiennent à cette catégorie. Notons les représentations et les monuments les plus intéressants, sans oublier que la plupart des inscriptions que nous venons de rappeler accompagnent aussi des représentations figurées.

L'expédition de Humann et von Luschan[83] a mis au jour toute une série de dalles, formant probablement le revêtement de la porte d'un palais et situées à Sendscherly (Syrie du Nord).

L'expédition de 1883 a rapporté à Berlin trois dalles, représentant une chasse dont le style est presque assyrien, trouvées à Saktschegözü (Syrie du Nord)[84]. A Jerabis, quelques sculptures du plus haut intérêt[85] ; à Marasch. des stèles nombreuses[86] ; à Fassiler (Isaurie), un monolithe fort singulier, découvert par l'expédition Wolfe en 1884[87] ; à Eflatoun-Bounar (Isaurie), un monument considérable formé de plusieurs blocs superposés et sculptés[88].

Le monument le plus vaste et le plus important est, certes, le sanctuaire naturel de Boghaz-Keui (Galatie), où les artistes ont couvert les parois d'une sorte de gorge rocheuse d'un nombre considérable de personnages occupés, vraisemblablement, à quelque cérémonie religieuse. Au même endroit, des blocs in situ dessinent sur le sol le plan d'un vaste palais[89]. A peu de distance de là, à Euyuk, sur un tertre artificiel, on a retrouvé la porte d'entrée d'un autre palais, conçue sur un plan analogue à celle de Sendscherly[90]. Ici aussi des dalles formant revêtement reproduisent des scènes variées ; particularité curieuse, deux sphinx, qui se rapprochent fort des sphinx égyptiens, semblent garder les abords de la demeure. En Galatie, à Giaour-Kalessi, deux guerriers, de proportions colossales, aux allures de conquérants, se dressent sur une paroi de rochers[91]. Les deux lignes de monuments se rejoignent en Phrygie, où M. Ramsay signale des représentations d'un caractère analogue aux sculptures hittites[92].

Enfin, la Lydie possède trois monuments fameux : d'abord le pseudo-Sesostris et son pendant, situés tous deux dans le défilé de Karabéli, sur l'ancienne route de Sardes à Éphèse, et dont la ressemblance avec les guerriers de Giaour-Kalessi est frappante ; ensuite la célèbre Niobé du Sipyle[93]. Cette dernière, ainsi que le pseudo-Sesostris, est accompagnée d'un cartouche renfermant des hiéroglyphes hittites.

Quelles sont les caractères de ces représentations figurées ? Est-il même possible de retrouver dans tous ces monuments des traits communs, qui décèlent une origine ou tout au moins une influence commune ?

Voici les raisons de douter : il est certain, d'abord, que ces monuments datent d'époques fort diverses ; il est certain aussi que, répandus sur un territoire aussi vaste, des différences locales doivent se faire jour ; enfin, nous constatons une action très apparente de l'influence assyrienne à Ibriz, à Jerabis, à Saktschegözü, de l'influence égyptienne à Euyuk. Mais ces différentes causes de divergence vont-elles jusqu'à exclure tout trait de parenté entre l'art de la Syrie et l'art de l'Asie-Mineure, ainsi que l'a prétendu M. Hirschfeld[94] ?

Je considère cette opinion comme absolument dénuée de fondement. MM. Perrot[95] et Ramsay[96] en ont déjà fait justice. Mais la question est si importante que nous devons indiquer, à notre tour, les ressemblances nombreuses qui se retrouvent dans les monuments en question. Nous verrons que plusieurs des traits que nous allons étudier, existent également dans les représentations que les Égyptiens nous ont laissées des Hittites.

Nous ne nous attachons, pour le moment, qu'aux détails de costume, d'armement, etc., qui se représentent dans les différents groupes de sculptures énumérés ci-dessus.

A. — Coiffure et arrangement des cheveux.

I. — COIFFURE DES BONZES.

a) C'est d'abord une tiare droite, parfois simple (Pseudo-Sesostris de Karabéli, WRIGHT, 2e édition, pl. XVIII. — Les deux guerriers de Giaour-Kalessi, PERROT, Explorat. Bithy. et Galatie, pl. X. — Les têtes coiffées de tiares qui se rencontrent dans les inscriptions, notamment J. I, B, lig. a ; A, lig. 5 ; J. III, lig. 3. — Les deux personnages debout sur un lion à Carchemisch, PERROT, Hist. de l'art, fig. 276), parfois ornementée ou arrondie du haut, (plusieurs personnages males de Boghaz-Keui, WRIGHT, pl. XXIV, n° 1, 3, 6, 7. — Plusieurs personnages de Sendscherly, HUMANN et PUCHSTEIN, pl. XLV, n° 3 ; Musée de Berlin[97], Verzeich., p. 37 ; Untere Reihe, n° 1 ; Mittlere Reihe, n° 1, 3 ; Obere Reihe, n° 4 et 5. — Monolithe de Fassiler, RAMSAY, Syro-Capp. mon., fig. 1, p. 171), parfois accolée de cornes (Monument d'Ibriz, WRIGHT, pl. XIV).

Ces différences de détail proviennent en partie du soin plus ou moins grand avec lequel la sculpture a été exécutée, en partie de la nature spéciale des personnages représentés, en partie d'influences locales.

b) C'est ensuite une sorte de calotte ronde, assez semblable aux casquettes de jockeys. (Plusieurs personnages à Boghaz-Keui, WRIGHT, pl. XXIV, n° 1, 4, 6 ; HUMANN, pl. IX. — Euyuk, PERROT, fig. 328, 332, 333 (?), 344 (?). — Le roi Tarkudimme, sur la bulle qui porte son nom, WRIGHT, p. 165. — Plusieurs fragments provenant de la Cilicie, actuellement au Musée de Tiflis, DE MORGAN, Mission scientifique au Caucase, II, pl. V. — Sendscherly : les quatre personnages représentés dans HUMANN, pl. XLIX. n° 2 ; les deux personnages ibidem, pl. XLV, n° 1. Parmi les fragments de Berlin : Untere Reihe, n° 7 et 8. Mittlere Reihe, n° 8 et 9 ; Obere Reihe, n° 3 (sphinx). — Marasch, HUMANN, pl. XLVII, no 3 et 5. — Samosate, HUMANN, pl. XLIX, n° 5. — La plupart des têtes qui servent d'hiéroglyphes sont coiffées de même, WRIGHT, passim.)

c) Les cheveux sont en général cachés par la tiare ou la calotte ; souvent il s'échappe de cette dernière une mèche qui paraît tressée et retombe en arrière comme la queue des Chinois (pig-tail). (Euyuk, PERROT, fig. 332, 336. — Stèle de Biredjik, SAYCE, The mon. of the Hittites, pl., p. 250. — Samosate, HUMANN, pl. XLIX, n° 3 et 4. - Sendscherly, HUMANN, pl. XLIV, n° 2 ; XLV, n° 1. Musée de Berlin, Untere Reihe, n° 7 et 8 (?) ; Mittlere Reihe, n° 1, 3, 8 ; Obere Reihe (sphinx), n° 3. — Marasch, HUMANN, pl. XLVII, n° 3. — Ajoutez plusieurs têtes qui figurent dans les inscriptions, notamment à Jerabis.)

Nous retrouvons les traits que nous venons d'esquisser, dans les représentations égyptiennes. Un monument d'Ibsambul[98] (Abu Simbel) représente le roi des Hittites rendant visite à son beau-père Ramsès II : et coiffé de la tiare. Ce dessin nous permet même d'expliquer un détail de la coiffure déjà remarqué par M. Hirschfeld[99]. La tiare en question ne se termine pas à la nuque, mais porte en arrière une sorte d'appendice destiné probablement à couvrir et à protéger celle-ci. Nous rencontrons une disposition analogue à Boghaz-Keui (WRIGHT, pl. XXIV, n° 6 ; HUMANN, pl. IX), à Giaour-Kalessi (PERROT, Expl. Gal. et Bith., pl. X) et peut-être à Karabéli (WRIGHT, pl. XVIII).

Un autre roi des Hittites représenté à Medinet-Abou[100], datant de l'époque de Ramsès III, est coiffé de la calotte ronde, et porte la queue à la chinoise. Il offre avec le joueur de trompette d'Euyuk une ressemblance qui va jusqu'à l'identité[101]. Une foule d'autres personnages reproduits dans les ouvrages de Rosellini (pl. CIII et sq.) et de Lepsius (pl. CLIII et sq.) fournissent des analogies frappantes sur lesquelles il serait trop long d'insister. Il faut noter cependant la scène reproduite par Lepsius, pl. CLIV, où l'on voit un Égyptien qui saisit un Hittite par sa tresse à la chinoise.

2. — COIFFURE DES FEMMES.

a) Certaines figures portent une sorte de couronne murale, tourellée, assez élevée. (Boghaz-Keui, WRIGHT, pl. XXIV, n° 2 et 3 ; cf. HUMANN, pl. X et texte, p. 62. — Comparez la coiffure singulière de la figure qui sert de support au personnage mâle de Fassiler, RAMSAY, Syro-Capp. mon., fig. 1, p. 171)[102].

b) D'autres portent une sorte de cylindre, recouvert, ainsi que tout le reste du corps, par un grand manteau. Le cylindre ainsi caché, et, dont on ne devine que la forme extérieure. est peut-être identique avec la couronne murale. (Marasch, HUMANN, pl. XLV, n° 2 ; pl. XLVII, n° 2 et 4. - Comparez la figure de Biredjik, SAYCE, op. cit., p. 250.)

c) Les cheveux des femmes tombent librement sur le dos (Boghaz-Keui, HUMANN, pl. X). Parfois ils forment deux tresses qui tombent de chaque côté du visage. (Stèle de Carchemisch, PERROT, Hist. de l'art, fig. 390. — Cf. Sendscherly, Musée de Berlin, Mittlere Reihe, n° 5 ; Obere Reihe, n° 3 (sphinx) ; et les deux sphinx d'Euyuk, RAMSAY, op. cit., p. 189, fig. 8 et 10.)

B. — Vêtements.

1. — VÊTEMENTS DES HOMMES.

a) Une courte tunique qui descend de la ceinture aux genoux (Karabéli, WRIGHT, pl. XVIII. — Giaour Kalessi, PERROT, Expl., pl. X. — Euyuk. PERROT, Hist. de l'art, fig. 331, 332, 335.— Boghaz-Keui, passim WRIGHT, pl. XXIV, n° 1, 3, 6. — Ibriz, WRIGHT, pl. XIV. — Sendscherly, HUMANN, pl. XLIV, n° 2 ; XLV, n° 3. Musée de Berlin, Untere Reihe, n° 1 et 4 ; Mittlere Reihe, n° 1, 3, 5, 8 ; Obere Reihe, n° 4 et 5. — Saktschegözü, HUMANN, pl. XLVI.— Marasch, HUMANN, pl. XLVII, n° 5).

b) Une robe, qui couvre l'individu du cou aux pieds, presque toujours serrée par une ceinture. Cette robe est à manches courtes et se ferme par devant ou un peu de côté. Souvent elle est garnie de franges et d'autres ornements. Parfois, elle est ouverte par devant, à partir de la ceinture jusqu'aux pieds, et disposée de telle manière que lorsque le personnage qui la porte est en marche, l'une de ses jambes demeure invisible, tandis que celle qui avance est à découvert. Il est des cas où un évasement est pratiqué à partir du genoux pour faciliter la marche.

(Eflatoun Bounar, PERROT, Hist. de l'art, fig. 356, 357. 358. — Marasch, HUMANN, pl. XLIX, n° 1 ; pl. XLVII, n° 3, n° 6 (sous un manteau frangé). — Saktschegözü, HUMANN, pl. XLVI. — Sendscherly, HUMANN, pl. XLV, n° 1 ; pl. XLIV, n° 2. Musée de Berlin, Mittlere Reihe, n° 9 (?), Obere Reihe, n° 7. — Carchemisch, WRIGHT, pl. XI, fig. 4 ; pl. XIX, n° I. — Biredjik, SAYCE, op. cit., p. 250.)

c) Un manteau traînant, très long et très ample. ouvert par devant, sans que néanmoins cette ouverture s'étende jusqu'au bord inférieur du vêtement. Une partie du manteau retombe par dessus le bras gauche et descend jusqu'à terre. Le bras gauche est libre, le bras droit emprisonné dans une sorte de grande manche bouffante.

Boghaz-Keui, WRIGHT, pl. XXIV, n° 1, 4, 6. — Euyuk, PERROT, fig. 328, 333, 334. Bulle de Tarkudimme, WRIGHT, p. 165. C'est le seul vêtement que nous ne retrouvons pas en Syrie, et cela, fort probablement, à raison de la différence des scènes représentées.

2. — VÊTEMENTS DES FEMMES.

a) Une robe longue, traînante, serrée. à ceinture. à manches longues. A partir de la ceinture, elle paraît plissée. (Boghaz-Keui, WRIGHT, pl. XXIV, passim, HUMANN, pl. X. — Je compare Carchemisch, WRIGHT, pl. XX, n° 2.)

b) Un manteau très ample qui cache tout le corps, sans manches, sans plis et plus lâche que le précédent. Il recouvre parfois le chapeau cylindrique décrit plus haut. (Euyuk, PERROT, fig. 337. —Marasch, HUMANN, pl. XLVII, n° 2 et 4.)

C. — Chaussures.

Ce sont des espèces de sandales pointues et relevées du bout. Elles se rencontrent partout dans le groupe de l'Asie-Mineure, et dans le groupe syrien. M. Sayce[103] a remarqué récemment que les bas-reliefs du Ramesseum reproduisent cette particularité[104].

D. — Armes.

Pour ne pas allonger outre mesure ces considérations, je ferai remarquer seulement que le poignard à poignée semi-circulaire se retrouve également dans les deux groupes. (Karabéli, WRIGHT, pl. XVIII. — Giaour-Kalessi, PERROT, Expl., pl. X. — Boghaz-Keui, WRIGHT, pl. XXIV, n° 3, 4, 6. — Sendscherly, HUMANN, pl. XLV ; Musée de Berlin, Untere Reihe, 1, 4, 7 ; Mittlere Reihe, n° 1, 3.)

Il faut s'arrêter dans les comparaisons que nous venons de faire. Nous pourrions relever bien des détails encore. Ce que nous avons dit suffit pour démontrer que les sculptures de l'Asie-Mineure trahissent la même influence que celles de la Syrie, et qu'il n'y a pas moyen de séparer les deux groupes, ainsi que l'a tenté M. Hirschfeld[105].

Indiquons cependant deux faits encore qui viennent à l'appui de notre thèse :

1° La présence d'hiéroglyphes du même système en Syrie, à Boghaz-Keui, à Euyuk, à Bey-Keui, au Sipyle et dans le défilé de Karabéli. Certes l'emploi de ces hiéroglyphes peut différer d'un endroit à l'autre, — quoiqu'en fait il n'y paraisse guère — et les inscriptions peuvent recéler des langues différentes. Ce qui est certain, c'est que nous avons à faire à un système unique, répandu depuis Samosate, Carchemisch et Hamath jusqu'aux bords de la mer Égée. Et de même que les inscriptions de Van, conçues en langue vannique, mais écrites en caractères cunéiformes, nous permettent de démontrer l'influence puissante de l'Assyrie sur l'Arménie ancienne, de même les inscriptions en caractères hétéens doivent nous faire admettre l'influence prépondérante de la race hittite, partout où nous rencontrons des monuments de ce genre.

2° Le caractère presque égyptien de certains détails à Euyuk et ailleurs[106] devient inexplicable si l'on n'admet, un contact quelconque entre les populations qui élevèrent ces monuments et l'Égypte. Or, je pense qu'en dehors des relations tantôt pacifiques, tantôt guerrières des Égyptiens et des Hittites en Syrie, on aura peine à trouver un pareil point de contact. M. Hirschfeld[107] paraît croire, il est vrai, que ces éléments égyptiens ont été transmis à l'art anatolien en passant par Babylone. Mais cette hypothèse ne rencontrera pas beaucoup d'adhérents : elle aurait pour premier résultat de reculer jusque vers 3.000 ans avant Jésus-Christ la date des monuments en question, et de nous reporter ainsi à une époque où les ténèbres historiques ne permettent pas d'apercevoir grand'chose.

A partir du XVe siècle, nous constatons au contraire, en Syrie, l'action de la civilisation babylonienne côte à côte avec le développement de l'influence égyptienne. Nous savons que des Khétas habitaient peut-être l'Égypte au temps des Toutmès[108] et que le roi des Khétas visitait ce pays au temps de Ramsès.

Quoi de plus simple que de rattacher à des faits aussi bien établis le caractère mixte de l'art hittite, tel qu'il se manifeste en Anatolie. M. Hirschfeld admet lui-même[109] que les alliés des Hittites ont pu rapporter en leur pays les traditions d'un art qu'ils avaient appris à connaître. grâce à leurs rapports avec l'Égypte ; il concède même[110] que des populations apparentées entre elles ont pu autrefois occuper la Cappadoce, la Syrie et le pays situé entre les deux. Cette concession nous permet de conclure à l'unité de l'art, et, comme nous allons le voir, de la race hittite.

 

 

 



[1] Genèse, X, 15, 16.

[2] Genèse, XVI, 19.

[3] Genèse, XXIII, passim.

[4] Genèse, XXVI, 34, et XXXVI, 2 et 3.

[5] Exode, III, 8, 17 ; XIII, 5 ; XXIII, 23 ; XXXIII, 2 ; XXXIV, 11 ; Deutéronome, VII, 1 ; XX, 17 ; Josué, III, 10 ; IX, 1 ; XI, 3 ; XII, 8 ; XXIV, 11 ; Juges, III, 5.

[6] I Samuel, XXVI, 6.

[7] II Samuel, XI, 3 ; XXIII, 39.

[8] I Rois, XI, 1.

[9] I Rois, IX, 20, 21.

[10] Juges, I, 26.

[11] II Samuel, XXIV, 6, 7.

[12] I Rois, X, 28, 29 ; II Chroniques, I, 16, 17.

[13] II Rois, VII, 6.

[14] Voyez L. DE LANTSHEERE, Hittites et Amorites, Bruxelles, 1887.

[15] Notamment Josué, I, 4.

[16] Voyez sur cette date ED. MAHLER : Konig Thutmosis III. Chronologische Bestimmung seiner Regierung. Zeitscrift für Ägyptische Sprache, XXVII, 2, pp. 97-103.

[17] L'an 22 de son règne. Voyez BRUGSCH, Geschichte Ägyptens, p. 302. WIEDEMANN, Ägyptische Geschichte, I, p. 348.

[18] L'an 22 (B., p. 302 ; W., I, p. 348) ; l'an 30 (B., p. 309 ; W., I, p. 351) ; l'an 41 (B., pp. 324, 326 ; W., I, p. 353).

[19] L'an 29 (W., I, p. 351) et la biographie d'Amenemheb (B., pp. 335-338).

[20] L'an 29 (B., pp. 307, 3o8 ; W., I, 351) et l'an 41 (B., pp. 324-326 : W., I, 353).

[21] L'an 23 (B., p. 303 ; W., I, 348), l'an 34 (B., pp. 315-317 ; W., I, 352) et l'an 38 (B., pp. 319-322 ; W., I, 353).

[22] Biographie d'Amenemheb (B., pp. 335-338 ; W., I, 350, 371).

[23] L'an 33 (B., p. 313 ; W., I, 352) et l'an 40 (B., pp. 332-324 ; W., I, 372).

[24] Voyez liste des tributs de Toutmès III, l'an 23, 24, l'an 30, 32, 33, 34, 40. (BRUGSCH et WIEDEMANN, loc. cit., passim.)

[25] Lenormant est le premier, pensons-nous, qui ait remarqué ce fait : Les origines de l'Histoire, II, 2e partie, pp. 317 sq.

[26] Voyez notamment sur l'histoire et les premières publications relatives à cette découverte DELATTRE, Revue des questions scientifiques, janvier 1889, pp. 143-181 ; juillet 1889, pp. 79-98. Dès 1888, M. Erman, dans les Sitzungsberichte de l'Académie de Berlin, 3 mai, MM. Sayce et Budge, dans les Proceedings of the Society of Biblical Archaeology, juin, M. Winckler, dans les Sitzb. de l'Acad. de Berlin, 20 décembre, avaient donné des détails intéressants sur les tablettes en question. M. Winckler a publié celles que possède le Musée de Berlin, avec un certain nombre d'autres, dans les Mittheilungen aus der Orientalischen Sammlungen de ce musée : Heft I, II, et III.

[27] Alašia, qui s'identifie avec le pays d'A-I-s des inscriptions égyptiennes (Cf. BRUGSCH, Geogr. Inschr., II, p. 41), était probablement situé au nord de la Syrie et touchait à la mer. (DELATTRE, PSBA, juin 1891, p. 547.)

M. J. Halévy identifie Alašia avec le pays situé entre Palos et l'embouchure de l'Oronte. Voyez Note sur quelques noms propres assyro-palestiniens, J. A., 1891, II, p. 547. Un individu originaire de ce pays se trouve mentionné dans une stèle égyptienne (XIXe dynastie), actuellement à Fribourg. Voyez WIEDEMANN, Stela at Freiburg in Baden, P. S. B. A., nov. 1890, pp. 31 sq.

[28] Mitâni était situé, non dans les environs d'Araziki, comme on l'a prétendu, mais probablement sur la rive nord-est de l'Euphrate. Cf. J. HALÉVY, dans la Revue critique, 23 juin 1890, p. 484. Mitâni s'identifie au moins en partie, avec le pays de Su des inscriptions assyriennes. Cf. SAYCE, Academy, 3 mai 1890, p. 305 ; JENSEN, ZA, mars 1891. P. 59.

Peut-être faut-il identifier Mitâni avec le pays de Hani, et ce dernier avec Hani rabbat. Voyez JENSEN, Hana (i) — Hiana und Mitanni, Z. A., 1891, pp. 342 sq., et PEISER, ibid., p. 270.

[29] On identifie généralement Arsapi avec Reseph. M. HALÉVY le place au contraire en Asie-Mineure, JA, 1890, I, p. 292.

M. Lehmann signale une analogie curieuse entre Arsapi et un nom, probablement gentilice, que mentionne l'inscription de Limyra en Lycie. Voyez Samassumukin, Leipzig, 1892, Nachträge, p. 113.

[30] Notamment SAYCE, PSBA, Juin 1888, p. 489.

[31] DELATTRE, loc. cit., RQS, Janvier 1889, pp. 154-162 ; Juillet 1889, pp. 82 sq.

[32] Nous pensons avec LENORMANT, Origines de l'Histoire, II, 2e partie, p. 317, qu'il faut rapprocher les Rutennu de Lud, fils de Sem (Genèse, X, 22). Cf. cependant KAT2, p. 114, n. 1.

[33] Le roi d'Arsapi porte le nom tout à fait hittite de Tar-hu-un-dara-uš. M. Winckler, qui a le premier indiqué la vraie lecture de la syllabe finale uš (ZA, août 1890, p. 296), lit, par erreur, croyons-nous, Tar-hu-un-da-ra-du-uš.

[34] M. Halévy explique Nuhaššè par cuivre. Ce serait donc le pays du cuivre. (J. A., 1890, I, 479.) La suppression de l'a initial n'a rien qui doive étonner en assyrien, où nous rencontrons indifféremment A-sal-li (la) et Sal-la-a-ia. (Ann. d'Assurnasirpal, Col. III, 59 et 94) ; Gu-si et A-gu-u-si. (Salmanassar II, Mon. Col. II, 12, 27. Cf. Ann. d'Assurnasirpal, Col. III, 77, 78.)

L'identification de Nubaššé avec Anaugas a été proposée avant moi par M. Zimmern, dont je ne connaissais pas le travail. Voyez Zeits. des Palestina-Vereins, XIII, 137, note 3, et ERMAN, Zeits. für Ägypt. Sprache, XXIX, 127. M. Halévy identifie Nuhaššé avec Aram-Çôbà, J. A., 1891, mars-avril, p. 215.

[35] Voyez T. A., II, I, n° 30, lignes 4-7.

[36] La Phénicie. La lecture A-mur-ru parait devoir prévaloir. Voyez DELATTRE, P. S. B. A., Mars 1891, p. 233, et SAYCE, Academy, 3 oct. 1891, p. 291.

[37] T. A., II, I, n° 31-40.

[38] C'est ce qui ressort, me parait-il, des lettres d'Aziru, n° 34a, Rev. 28 ; 35, in fine, et 36, Obv. 11 sq., ainsi que de la lettre de Rip-Abdu (?), gouverneur de Byblos, n° 76, Obv. lignes 9, sq.

[39] T. A., II, n° 31, Rev. 21 sq. ; 32, Obv. 11-15, Rev. 20-26 ; 33, Obv. 18 sq. Rev. 35 sq.

[40] T. A., II, I, notam. 36. Rev., 25 sq.

[41] T. A., II, I, n° 31, Rev. 23 ; 33, Obv. 10 et 20 ; 36, Rev. 32.

[42] T. A., II, I, n° 31, Obv. 12 sq ; 33, Obv. 15 ; 38, 19 sq.

[43] T. A., II, s, n° 38. M. Winckler en a traduit une partie dans la Verz. der Vord. Alt., p. 108, 1889 ; une autre partie, dans la Zeitschrift für Äg. Sprache, XXVII, 1, p. 54. Depuis la rédaction de mon travail ont paru les traductions du R. P. DELATTRE, P. S. B. A., mars 1891, pp. 227 sq., et de M. SAYCE, Records of the Past, nouv. série, vol. III, pp. 6g sq.

M. J. Halévy, qui publie dans le Journal asiatique une traduction complète des tablettes de Tel-Amarna, a donné de la lettre d'Aziru une interprétation presque identique à la notre. Voyez La correspondance d'Aménophis III et d'Aménophis IV, J. A., mars-avril, 1891, pp. 233 sq. Je regrette d'avoir connu cette partie du travail de M. Halévy, trop tard pour signaler son antériorité dans le texte même de la présente étude. Le mot ša-ar-ru (lig. 13) que M. Halévy traduit par faveur, et que j'ai traduit par splendeur, signifie peut-être ennemi. Voyez ZIMMERN, Die Keilschriftbriefe aus Jerusalem, Z. A., 1891, p. 246, note 5.

[44] Ce signe se lit ordinairement ga. C'est probablement une variante dialectale.

[45] Je corrige al en at.

[46] Ideogr., M A. GAL.

[47] Il faut probablement ni-i-il-la-kam.

[48] Termes sacramentels qui se reproduisent dans une foule de pièces analogues.

[49] T. A., II, I, n° 39, Obs. 15 sq. ; cf. n° 34a, et surtout n° 29. Obv. 7 sq., Rev. 1 sq., et la traduction de DELATTRE, P. S. B. A., 1890, pp. 131 sq.

[50] P. S. B. A., Juin 1889, p. 368, n° XVII, lig. 35, 36.

[51] C'est, d'après moi, le seul sens qu'on puisse donner au passage suivant, extrait d'une lettre du roi d'Alašia au roi d'Égypte (P. S. B. A., Juin 1888, p. 565 sq., n° 37, Rev. 20 sq.) : (20) it-ti šar Ha-at-tê u it-ti šar ša-an-ha-ar (21) it-ti šu-nu la ta-h-ki-in a na-ku (22) mi-nu-um-mê-ê šu-ul-ma-ni ša u-sé-bi-lu (23) a-na ia-ši u a-na ku 2 šanitu a-na éli-ka (24) u-té-ir-ru. C'est-à-dire : Avec le roi des Hittites et avec le roi de Sanhar, avec ceux-là, ne contracte pas alliance. Quant à moi, tous les présents qu'ils enverront vers moi, moi je les ferai parvenir en double vers toi. Cf. en sens opposé DELATTRE, RQS, Juillet 1889, pp. 86, 87. Voyez aussi WINCKLER, Zeits. für Äg. Sp., XXVII, 1, p. 48

[52] Date fixée par ED. MAHLER, loc. cit., supra.

[53] Voyez sur la situation de cette ville, H. G. TOMEINS, The campaign of Râmsès II inhis fifth year against Kadesh on Orontes (T. S. B. A., 1882, vol. VIII, pp. 390 sq). — CONDER, P. E. F. Q. S., Juillet 1881, p. 175 sq. — CONDER, Heth and Moab., 1881. — PERROT, Histoire de l'art dans l'antiquité, IV, pp. 5o3 sq.

[54] On trouvera les éléments de cette question fort controversée dans LENORMANT, Orig. Hist., II, 2e partie, pp. 350 sq. Cf. MEYER, Geschichte des Alterthums, p. 278.

[55] Prisme de Tiglathpiléser, Col. I, 62-94 ; Col. II, l-62. Kummuh est la Commagène, qui s'étendait à cette époque jusque sur la rive gauche du Tigre. C'est M. Édouard Meyer qui a le premier rattaché l'invasion des Muški, dont il est ici question, à la migration des peuples du nord refoulée par Ramsès III. Voyez Geschichte des Alterthums, I, p. 319.

[56] Prism., Col. II, 44.

[57] Prism., Col. II, 100-102 ; Col. III, 1-11.

[58] Prism., Col. IV, 43 sq.

[59] Cette opinion, défendue par le P. DELATTRE (Encore un mot sur la géographie Assyrienne, 1888, pp. 1 sq.), et ED. MEYER (Gesch. d. Alt., I, p. 330), nous paraît la meilleure.

[60] Ann., Col. III, 56 sq.

[61] Il est remarquable, en effet, que les lettres d'Aziru, ainsi que le poème de Pentaour, ne mentionnent jamais que le roi des Hittites, tantôt seul, tantôt à la tête d'une confédération.

[62] Notamment Inscription de Nimroud, lig. 10.

[63] SAYCE, The Cuneiform inscriptions of Van, J. A. S., XIV, 3 (1882) ; XX, 1, (1888), n° XXXII, lig. 5 sq. ; Records of the Past, nouv. série, I, p. 166.

[64] SAYCE, The Cuneiform inscriptions of Van, J. A. S., XIV, 3 (1882) ; XX, 1, (1888), n° XXXIII, lig. 11.

[65] SAYCE, The Cuneiform inscriptions of Van, J. A. S., XIV, 3 (1882) ; XX, 1, (1888), n° XXXVIII, lig. 5, lig. 12 sq. ; Records of the Past, n. s., IV, p. 118.

[66] Sauf indication spéciale, nous renvoyons à l'ouvrage de WRIGHT, The empire of the Hittites, 2e édition, Londres, 1886, qui contient sous la forme la plus commode le plus grand nombre de documents. L'Histoire de l'art dans l'antiquité, par PERROT, vol. IV, est aussi un excellent répertoire. Ceux qui voudraient recourir aux représentations originales y trouveront toutes les indications nécessaires.

[67] Trois seulement sont publiées dans WRIGHT. La quatrième a été publiée par M. HAYES WARD, dans l'American Journal of Archœology.

[68] HUMANN et PUCHSTEIN, Reisen in Klein-Asien und Nord-Syrien. Atlas, pl. XLIX, n° 1, 2, 3.

[69] HUMANN et PUCHSTEIN, loc. cit., pl. XLV, n° 2, et XLVIII, n° 3.

[70] HUMANN et PUCHSTEIN, loc. cit., pl. XLVIII, n° 6.

[71] HUMANN et PUCHSTEIN, loc. cit., pl. XLVIII, n° 3.

[72] HUMANN et PUCHSTEIN, loc. cit., pl. XLIX, n° 4 et 5.

[73] L'une d'elles, non publiée, vient d'être trouvée par M. Ramsay. Voyez Amer. Journ. of Archœol., 1890, p. 347 ; Athenœum, 16 avril 1890.

[74] Au rapport de M. Wilson, dans WRIGHT, pp. 57 et 62. — Cf. SAYCE, The monum. of the Hittites, T. S. B. A., 1881 (vol. VII, n° 2), p. 265. Les inscriptions de Gürün, au nombre de deux, ont été copiées par M. Ramsay, en 1890. Voyez Athenœum, 1890, 18 octobre ; celle de Bulgar-Maden par MM. Hogarth et Headlam, ibid., 4 octobre. Une nouvelle inscription a été découverte à Andaval par la même expédition, ibid., 4 octobre.

[75] SAYCE, Ibidem. Le nom exact de l'endroit en question est Feraked-din. L'inscription en question vient d'être retrouvée également par l'expédition Ramsay. Voyez Athenœum, 1890, 18 octobre.

[76] M. W. RAMSAY, Syro-Cappadocian monuments in Asia Minor, dans Athen. Mitth., XIV, 1 (1889), p. 180, fig. 2. Déjà signalée et publiée par M. Sokolowski. Voyez PERROT, R. A., 1886, pp. 257 sq.

[77] PERROT, Exploration archéologique de la Bithynie et de la Galatie, pl. 35, et RAMSAY, loc. cit., p. 187.

[78] RAMSAY, loc. cit., p. 189.

[79] RAMSAY, loc. cit., p. 181, fig. 5.

[80] Comptes rendus de l'Acad. des Inscr. et Belles-Lettres, 1890, pp. 101 sq.

[81] Cf. PERROT, Hist. de l'art, pp. 811, 812.

[82] Verzeichnis der Vorderasiat. Altert., n° 796, p. 100. L'expédition de MM. Ramsay, Hogarth et Munro en Asie-Mineure, entreprise cette année, a fait connaître plusieurs inscriptions nouvelles : une première, fort longue, à Isghin, une seconde à Marasch, une troisième à Aralan-Tash. Voyez Athenœum, 1891, 15 et 22 août, 5 et 12 septembre.

[83] 1888. Une partie des restes de Sendscherly sont décrits et reproduits dans HUMANN et PUCHSTEIN, op. cit. Les dalles dont il est ici question ne sont pas encore reproduites et se trouvent au Musée de Berlin. (Verzeichnis, p. 37 et sq.)

[84] HUMANN et PUCHSTEIN, op. cit., pl. XLVI.— PERROT, Hist. de l'art, IV, p. 552, fig. 279.

[85] HAYES WARD, dans l'American Journ. of arch., 1886.

[86] HUMANN et PUCHSTEIN, loc. cit., pl. XLV, XLVI, XLVII, passim. Plusieurs de ces stèles dans PERROT, Hist. de l'art, IV, passim.

[87] Reproduit la première fois par RAMSAY, Syro-Capp. mon., p. 172. fig. 1, p. 171.

[88] PERROT, op. cit., fig. 356, 357, 358.

[89] Ces restes ont été souvent reproduits (not. Wright, Perrot. etc.) Le Musée de Berlin possède des moulages fort curieux pris par l'expédition Humann (1882). (Verzeich., p. 39 sq.)

[90] Décrit et reproduit par PERROT, Expl. de la Bith., pl. LV et sq. Voyez PERROT, Hist. de l'art, IV, fig. 324-341.

[91] PERROT, Exp. de la Bith., pl. X.

[92] Notamment Syro-Capp. mon., pp. 181 sq.

[93] Récemment M. Humann a examiné à nouveau les questions qui se rattachent à ce monument. Voyez Ath. Mitth., XIII, I, 1888, pp. 22-42, avec planche. — Cf. aussi RAMSAY, Syro-Capp. mon., pp. 190 sq.

[94] Die Felsenreliefs in Klein-Asien und das Volk der Hittiter, Berlin, 1887.

[95] PERROT, Hist. de l'art, IV, pp. 704 sq.

[96] Syro-Capp. mon., passim.

[97] Ces indications se rapportent à ceux des monuments de Sendscherly qui ne sont pas encore reproduits.

[98] BRUGSCH, Geographische Inschriften, II, pl. V, n° 9.

[99] Op. cit., p. 14.

[100] BRUGSCH, op. cit., pl. IV, n° 7.

[101] Cf. HIRSCHFELD, op. cit., p. 19.

[102] Peut-être aussi la Niobé du Sipyle.

[103] WRIGHT, préface, p. XXVI.

[104] M. Hirschfeld, op. cit., p. 50, émet des doutes à ce sujet. M. Maspero a constaté la même chose que M. Sayce. PERROT, Hist. de l'art, p. 563, note 1.

[105] Op. cit., passim, not., p. 68 sq.

[106] HIRSCHFELD, op. cit., pp. 63 et 64.

[107] HIRSCHFELD, op. cit., pp. 64 et 67.

[108] FLINDERS PETRIE, Kahun, Gurob, and Hawara, Londres, 1890. On a trouvé à Gurob, au milieu des restes d'une colonie d'étrangers, la mention d'un nommé Sadiamia (p. 40), ainsi qu'une figurine de bois représentant un Hittite, avec la queue chinoise bien caractérisée, qui joue de la harpe. (Cf. stèles de Marasch,) p. 41, pl. XVIII, n° 38.

[109] HIRSCHFELD, op. cit., p. 61.

[110] HIRSCHFELD, loc. cit., p. 61.