
PARIS - BOSSARD - 1919
AVANT-PROPOS
CHAPITRE PREMIER. —
LE PREMIER MINISTÈRE PAINLEVÉ
Un ministère sans
socialistes. - La défaillance russe et les intrigues allemandes. - Le
scandale Bolo. - L'affaire Daudet-Malvy. - M. Ribot quitte le ministère
CHAPITRE II. — LA FIN DU MINISTÈRE PAINLEVÉ
Situation précaire du
ministère. - L'affaire de l'Action française
CHAPITRE III. — LA FORMATION DU MINISTÈRE CLÉMENCEAU
Vaines tentatives
d'exclusive. - Une belle majorité. - M. Malvy et la Haute-Cour. - Les
poursuites contre M. Caillaux
CHAPITRE IV. — LA DÉFECTION RUSSE
La seconde révolution
russe. - La paix des bolcheviks. - L'attitude des Alliés. - Les difficultés
économiques et la carte de pain. - Opposition persistante des socialistes
CHAPITRE V. — LE DEBUT DE L'ANNÉE 1918
L'arrestation de M.
Caillaux. - Les socialistes français et le ministère. - Les socialistes
interalliés et la paix
CHAPITRE VI. —
PENDANT LA GRANDE OFFENSIVE
ALLEMANDE
Raids d'avions et
canon géant. - Restrictions et sanctions. - L'anniversaire de la protestation
des députés d'Alsace-Lorraine. - La lettre de l'empereur d'Autriche
CHAPITRE VII. —
DE L'OFFENSIVE DE LA SOMME À
CELLE DE L'AISNE
Le centenaire de Karl
Marx. - Les travaillistes américains. - L'épilogue de l'affaire du Bonnet
Rouge. - Révélations allemandes sur les causes de la guerre. - La politique
intérieure et l'étatisme.
CHAPITRE VIII. —
LA MENACE SUR PARIS
L'attitude du pays. -
L'attitude des socialistes français et alliés. - Les fêtes nationales
américaine et française. - L'assassinat du comte de Mirbach et du tsar
Nicolas II. - Changement de majorité chez les socialistes français. - Le
procès Malvy
CHAPITRE IX. — LE REVIREMENT
Nos succès militaires.
- Congrès et manifestations socialistes. - Changement de majorité chez les
socialistes français
CHAPITRE X. — LA VICTOIRE FINALE
Capitulation de la
Bulgarie. - La reconquête des régions envahies. - Décisives ouvertures de
paix. - Capitulation de la Turquie. - Capitulation de l'Autriche-Hongrie. -
Armistice avec l'Allemagne. - La fuite et l'abdication du kaiser
CHAPITRE XI. — PENDANT L'ARMISTICE
Attitude boudeuse des
socialistes. - Les fêtes à Paris et en Alsace-Lorraine. - Les régions
libérées et le ravitaillement. - Les visites de chefs d'Etat
CHAPITRE XII. — LA PAIX
La Conférence de la Paix. - Essais d'une nouvelle Internationale. - Attentat contre M. Clemenceau. - L'acquittement de l'assassin de Jaurès et les protestations socialistes. - Le 1er mai. - Epidémie de grèves. - La signature des Préliminaires de Versailles
AVANT-PROPOS
Ce
troisième et dernier volume correspond à la période la plus dramatique de
l'histoire de la guerre. C'est l'étape finale, celle de la victoire, mais
jusqu'au dernier moment la victoire a été chèrement disputée et l'écroulement
final des empires centraux n'a été obtenu qu'au prix d'efforts et de concours
sans cesse croissants. Il a fallu l'unité de commandement et l'afflux des
Américains pour briser la résistance militaire de l'Allemagne ; il a fallu en
France la volonté farouche du dernier président de la Défense nationale pour
enrayer les intrigues de l'ennemi et rallier « jusqu'au bout » toutes
les forces saines de la nation. Le
refus de collaboration du parti socialiste à cette phase suprême de la lutte
est le grand fait nouveau de ces deux dernières années : les extrémistes du
parti prennent le pas sur les hommes de bonne volonté qui avaient jusque-là
uni leur action à celle de tous leurs concitoyens. Ces minoritaires de la
veille, devenus les dirigeants, se sont rapprochés de jour en jour des
bolchevistes et des « camarades » Allemands, surtout à partir de la
conclusion de l'armistice qui leur parut rendre moins étroite, ou en tout cas
moins impérieuse, l'obligation de l'union nationale. On a vu le lien sacré se
desserrer, les interpellations se multiplier, les grèves s'engendrer les unes
les autres, et le gouvernement, bien que la majorité des Chambres lui soit
restée fidèle, risquer constamment la classique glissade sur la « pelure
d'orange ». Les lenteurs de la Conférence de la Paix, la gêne de la vie chère, l'indécision qui préside à la restauration des pays envahis, les retards de la démobilisation, la situation financière, sont exploités sans merci par les opposants. Les effets trop escomptés de la victoire se font attendre, tandis que les résultats de l'épuisement général se font sentir sans délai. C'est dans ces circonstances ingrates que la paix avec l'Allemagne est enfin signée, huit mois après l'armistice. Nous avons su vaincre, saurons-nous tirer le fruit légitime de la victoire, la paix durable et réparatrice due à nos sacrifices ? C'est la question que semble se poser anxieusement le pays. Tous ces événements, tous ces mouvements d'opinion, sont ici retracés en un récit continu, y compris les principaux documents, et avec les commentaires qu'ils ont suggérés au jour le jour[1], sans autre préoccupation que celle de la vérité et du bien public. |
[1]
Les articles ici reproduits ont paru dans le Journal des Débats, à la
date du numéro indiqué, qui est antidaté, comme c'est, le cas pour les journaux
du soir.