HISTOIRE DE HENRI II

 

CHAPITRE XIV.

 

 

ARMÉE

 

Les nobles, exempts de taille, pour être continuellement à la guerre, devaient le service militaire : malheureusement, le grand nombre de fiefs qui se trouvaient entre les mains des roturiers et des ecclésiastiques rendait ce mode de recrutement de nos armées, autrement dit des arrière-bans, peu efficace et peu utile ; aussi un auteur du temps émet-il l'idée que l'on fasse aller à la guerre les juges, les officiers civils, les financiers, et tous les gentilshommes non incorporés dans les compagnies de gendarmes, vu que prendre la paie d'un côté — par dispense d'impôt — et s'exempter de l'arrière-ban de l'autre, ce sont deux soldes. Pareille proposition faite en plein XVIe siècle, tout au moins au début du XVIIe[1], est remarquable.

En général, le service militaire durait jusqu'à soixante ans[2] ; à Sienne, Montluc forçait jusqu'à cet âge les hommes à prendre part à la défense[3].

Dès qu'une armée dépassait le chiffre de 24.000 hommes, on l'appelait une grosse armée ; une seule page des courts Mémoires de Guillaume de Rochechouart, maitre d'hôtel de Charles IX, reproduit cette expression trois fois.

 

§ I. — GRADES, EXERCICE, HABILLEMENT.

 

Nos seigneurs, même ceux qui passaient pour damerets, que les femmes protégeaient, et il en faut compter, car Montluc cite un capitaine âgé de 20 ans seulement[4], se faisaient vite au métier de guerre, ne tardaient pas à être aimés du soldat[5] et à se distinguer ; exemple Bonnivet. Ce dernier se montrait libéral et tenait très bonne et longue table, bien garnie à tous venant : usage très prisé alors et depuis, si nous en croyons l'assertion du maréchal Marmont en ses Mémoires.

Lorsqu'un officier devenait lieutenant d'une compagnie de gendarmes, ou comme nous dirions de cavalerie, il quittait le commandement de ses deux enseignes de pied, en sorte qu'il ne semble pas qu'on commandât seulement une de ces enseignes[6]. On avançait aussi un simple homme d'armes ; le seigneur de Villevalier fut ainsi mis à la tête de 25 chevaux de la compagnie du duc de Nevers.

Sous Henri II comme sous François Ier, l'infanterie française n'eut pas de colonel-général ; chaque capitaine estoit maistre de camp de ses gens, fussent-ils peu ou beaucoup. Cependant Montluc en Piémont et M. de Crozes[7] en Corse portèrent, du vivant du premier de ces monarques, ce titre, qui fut définitivement accordé par lui à l'amiral de Coligny.

Le commandement des gens de pied, comme capitaine ou chef de bande, passait alors pour difficile ; il y fallait des talents et une grande valeur ; c'était, suivant M. de Montmas, l'un d'eux, un emploi où l'on ne vivait pas longtemps[8] et où l'on éprouvait des dissensions avec ses égaux ou avec son chef[9]. Ces disputes s'expliquent en ce sens qu'entre le vrai colonel-général de France — c'est-à-dire pour toute l'infanterie française —, il existait un colonel-général pour les bandes de Piémont, et même le chef des bandes provençales se prétendait colonel-général. Chaque colonel-général prit l'enseigne blanche, mais sous Charles IX seulement[10].

En fait d'exercices militaires, on ne négligeait pas la danse, et cela se perpétua, car Brantôme nous montre Brissac dansant, pour distraire Charles IX malade, au son d'un luth joué par Strozzi[11].

On aimait sauter : Henri II lui-même s'y exerçait. Certaines troupes se distinguaient par un luxe d'habillements et d'armures, dans lequel il y avait abus[12]. On cite des armures qui valaient fort cher, ayant des pièces gravées et dorées, par exemple celles fabriquées par les heaumiers de Milan[13].

 

§ II. — INFANTERIE.

 

Les Gascons jouissaient alors d'une grande réputation ; quand le duc d'Anjou — depuis Henri III — sera élu roi de Pologne, les Polonais exigeront qu'il amène à leur aide six mille Gascons[14] pour combattre les Tartares et les Turcs.

Le maréchal de Brissac prescrivait aux capitaines d'infanterie de toujours porter sur leur bagage 10 livres de poudre, un gros trousseau de cordes et du plomb afin de subvenir à une pressée nécessité. C'est Boyvin du Villars qui nous l'apprend. La poudre et le plomb assuraient le tir de l'arme à feu portative, la corde servait dans les assauts.

François de Guise organisa l'infanterie sous 3 mestres de camp, chacun d'eux possédant son régiment à part ; c'était une imitation des Espagnols, suivant Brantôme en ses Couronnels françois ; ces mestres de camp furent Sarlabous l'aîné, Richelieu l'aîné et Remolle. Et sous eux trois et leurs régiments, toute l'infanterie françoise fut rangée à la mode des terzes espagnols[15].

M. de Vieilleville, l'un des premiers, enleva les arquebuses à croc de dessus leurs chevalets et les fit porter par ses gardes ou par des hommes choisis, ce qui lui réussit dans un combat ; telle fut l'origine des soldats appelés depuis mousquetaires.

Il faut mentionner les efforts tentés par Henri II pour reconstituer les légions créées par son père et aussi pour introduire plus d'ordre parmi les troupes d'aventuriers qui existaient encore[16]. Les légions prenaient le nom des provinces où elles avaient été instituées ; exemples celles de Picardie, Champagne, Bourgogne et même Piémont.

En dehors des troupes royales, les villes entretenaient des compagnies qu'elles gageaient et qui étaient chargées de veiller à la sécurité dans l'intérieur de leurs murs[17].

 

§ III. — CAVALERIE.

 

Inscrivons ici les Enfants perdus du maréchal de Brissac, gentilshommes compromis[18], souvent véritables vauriens, qu'il attirait et retenait dans ses troupes afin d'en purger la France et de les utiliser dans les coups de main les plus audacieux. Leur emploi s'élevait chez lui jusqu'à un système ; un auteur sagace l'a relevé à son honneur et aussi à l'éloge, au point de vue militaire, de ces chenapans[19].

La cavalerie française, au milieu du XVIe siècle, diminue par l'affaiblissement de la lance fournie de 6 combattants à 2, jusqu'au chiffre de 20.000 cavaliers au lieu de 60.000 environ, effectif qu'elle semble avoir atteint au siècle précédent[20]. Nonobstant cette diminution, ce chef d'une compagnie continue à nommer ses chefs d'escadre, à l'exception d'un qui reste au choix du pouvoir royal et qu'il ne peut, comme punition, que suspendre : du moins c'était I' usage ainsi, en Bourgogne, depuis Charles le Téméraire[21].

 

IV. — ARTILLERIE.

 

Ce ne fut guères que du temps du roi Henri II que l'effet de l'arquebuserie et artillerie commença être en sa grande vogue, tandis que, auparavant, elle servait plutôt de monstre et ostentation pour faire peur aux simples personnes. Ainsi parle Blaise de Vigenère[22]. Le même écrivain explique comment on abaissa, vu qu'elles étaient trop difficiles à mener par pays, le calibre des pièces, même pour le double canon ou canon renforcé, dont le poids ne dépassa plus cinq milliers. La lumière se dilatant par un feu prolongé, on imagina d'y mettre, en fondant les pièces, une clavette d'acier. Puis on modifia légèrement la composition du métal, et de la sorte il devint possible de tirer consécutivement, avec une bouche à feu, plus de 30 coups, ce qui était l'ancien usage.

Vigenère remarque également[23] que dans les sièges l'artillerie du défenseur tire de haut en bas, la pire visée de toutes autres, tandis que l'assaillant tire de bas en haut[24] : puis, l'assiégé étant resserré, et entouré de maisonnages, souffre plus des éclats.

L'artillerie restait encore d'un maniement difficile, quoiqu'elle tirât plus fréquemment[25], car le maréchal de Brissac cassait de leur grade et punissait du bannissement celui ou ceux qui, en cas urgent et nécessaire, refusaient d'aider les approches de l'artillerie ou de concourir à la tirer d'un mauvais pas.

Pendant les guerres de religion, l'artillerie put gagner en mobilité et se perfectionner par un long usage, mais cette arme décrut comme importance, tant l'échelle de ces luttes devint petite, chaque parti, même le parti royal, allant à l'atténuation des forces par leur division à l'extrême et aussi par la misère des temps[26].

 

§ V. — FORTIFICATION.

 

Lorsque le roi autorisait le relèvement des fortifications d'une cité ou village, il insérait, dans sa lettre royale, la réserve que l'on pourrait y faire toute chose requise à forteresse, pourvu toutefois qu'elle ne pût porter préjudice ou dommage à lui ni à la chose publique du pays. C'est dans ces termes en effet que François r donna permission aux habitants de Gié-sur-Seine, le 15 avril 1543, et son fils et successeur Henri II eut la sagesse de continuer ces errements.

Il y avait donc deux espèces de fortification : la fortification communale et la fortification royale ; cette dernière s'appliquait aux grandes places de la frontière et était dirigée contre l'ennemi étranger, tandis que la première servait à garantir des dépréciations intérieures faites à main armée ou de la guerre civile.

Parmi les ingénieurs militaires employés sous ce règne par la France, nous mentionnerons Ore-loti, que Montluc appelle le chevalier Reloge, et Nicolas Denizot ou Denisot, poète à ses heures et se faisant appeler par anagramme le comte d'Alsinois, lequel fit, dit-on, les plans du siège de Calais entrepris et mené à bien par le duc de Guise[27].

 

§ VI. — ATTAQUE ET DÉFENSE DES PLACES.

 

Parmi les préceptes posés par Jean vicomte de Saulx-Tavanes, en les Mémoires de son père le maréchal de ce nom, préceptes qui sont autant du règne de Henri IV que du règne de Henri II, il faut relever, relativement à la défense, les deux suivants : Empêcher que les soldats ne sachent le temps ni le lieu de leur garde ;Travailler aux fortifications plus dedans que dehors. Le même auteur avoue que la France ne possède aucune place qui soit bien bonne, surtout en face des progrès contemporains dans l'art d'attaquer[28] : il souhaite avant tout des fossés très profonds, très larges, et secs comme à Corfou[29], dit-il, parce qu'ils sont les plus difficiles à remplir et qu'on ne peut les traverser comme les fossés pleins d'eau que l'on passe quelquefois sur des radeaux ou sur des ponts improvisés.

A l'égard des ponts, il faut souvent, pendant la guerre, en détruire afin qu'ils ne servent pas à l'adversaire lorsqu'il s'agit d'un pont de pilotis, Villegagnon recommande non seulement d'enlever le tablier, mais de couper les pieux plantés dans l'eau assez profondément, afin qu'on ne puisse rétablir le pont sans y employer de nouveaux arbres qui ne sont pas aisés à trouver[30].

En tout cas, l'assiégeant, lorsqu'il se décide à enserrer la ville par un cordon de troupes ou de postes, doit relier ces gardes, ces postes, ou les fortins qui les abritent par des lignes de circonvallation creusées profondément. Rien ne s'oppose mieux aux sorties ; des exemples de ce temps le prouvent et les relations manuscrites recommandent pareil usage.

La cavalerie s'utilisait dans la guerre de sièges ; on le voit par ce passage du livre II des Commentaires de Blaise de Montluc : Nostre cavalerie passa par la bresche que Monsieur le rnareschal avait fait faire. Il s'agit du siège de Calais en 1545 : l’assiégé possédait aussi de la cavalerie dans Calais[31].

Alors, un jour de grand assaut, les chefs encourageaient les troupes qui donnaient par le son des violons, usage dont le grand Condé reprit la trace[32] en Espagne au siège de Lérida, en 1647 : on a trop vertement accusé ce prince de ce dernier fait[33], car ces violons correspondaient à la musique actuelle de nos régiments, et c'était l'usage en Espagne.

Quand, après un long siège, une place forte réduite aux abois demandait à capituler, la garnison pouvait obtenir comme conditions favorables : de sortir bagues sauves, enseignes déployées, armet (casque) en tête et la lance sur la cuisse pour la cavalerie ; les gens de pied marchant en bataille, enseignes déployées, le tambourin sonnant ; les habitants de la ville ayant leurs bagues sauves[34].

On allait jusqu'à la dernière extrémité avant de capituler, car Sienne résolut de manger jusqu'aux enfants, afin de prendre patience et de se désister le plus tard possible[35].

 

§ VII. — ADMINISTRATION.

 

Le duc de Guise, manquant d'approvisionnements, fait appel à la duchesse de Valentinois, qui en parle au roi ; des ordres en conséquence sont donnés[36]. Cela ne prouve pas que l'administration militaire fut bien organisée ; en effet il y eut, sous ce règne, un décousu financier regrettable. Ainsi, souvent, comme une monstre ou revue générale revenait en somme à des paiements, car il fallait alors aligner, régulariser la solde, payer les arriérés, on renonçait parfois à en faire une, même d'ordre du roi, et alors on y suppléait au moyen d'états par estimation ; cela est formellement avoué par Boyvin du Villars, relativement aux guerres du Piémont en 1559[37].

Les villes de France nourrissaient les troupes en route : ainsi, en août 1549, Senlis dut pourvoir à la nourriture par étape de 300 cavaliers qui se rendaient au fort d'Oubleau près Boulogne[38] ; cette cité paya les quinze onces de pain 2 deniers, la livre de bœuf 5 deniers, un mouton 12 sous, le pot de vin 4 deniers, même prix pour le picotin d'avoine. Partie de ces vivres ayant été gardée, servit pour le même objet, quinze jours après, la perte sur certaines denrées, sur le pain par exemple, ayant été levée sur les habitants avec les deniers des fortifications[39].

Les compagnies coûtaient à entretenir, et les capitaines avares avaient besoin d'être surveillés, car ils donnaient souvent lieu à des plaintes, comme Saint-Auban, dont parle Montluc[40].

 

§ VIII. — OPÉRATIONS DIVERSES.

 

On recourait parfois, afin d'accélérer la marche d'une armée, soit pour avancer rapidement soit pour battre en retraite, au moyen d'envoyer en avant ou sur le côté les bagages de cette armée, en tout cas de les diriger sur un lieu déterminé, et l'on nommait alors l'ensemble des troupes ainsi allégées une armée délivre, c'est-à-dire débarrassée : cette expression se rencontre dans une lettre de Catherine de Médicis (mi-juillet 1554) au bailli d'Avesnes[41].

Le passage de vive force d'une rivière, affirme un contemporain, inspire de la crainte à l'ennemi. Le même avoue que pour ravitailler une armée ou une place, il faut du temps. L'aguerriment — c'est-à-dire l'aguerrissement —, dit-il encore, se change journellement. Voici une maxime finale de cet auteur : Qui a le dernier pain et le dernier écu est victorieux.

Quand une reconnaissance échouait on la recommençait. Un passage de marais qui avait été mal reconnu devenait dangereux, car il entraînait le noiement de plusieurs soldats[42].

On occupait des positions connues à l'avance, ou que l'on avait le temps de fortifier ; il n'était plus de campements à la romaine et par conséquent de porte décumane ou principale[43].

On questionnait les prisonniers, de là plusieurs ruses auxquelles ils recouraient. L'un d'eux, nommé Daspart, enfle les approvisionnements de nos places frontières, et de la sorte écarte l'ennemi de se porter contre plusieurs d'entre elles.

On écrivait déjà sur la guerre ; Ramus a composé et publié en latin un traité d'art militaire, l'Usance de Jules César, qui fut traduit en français par Poisson de la Bodinière (1583).

 

§ IX. — DISCIPLINE.

 

Après le désastre de Saint-Quentin, le maréchal de Brissac recommande l'ordre et la discipline sans lesquels les armées ne prospèrent jamais guères. On sait que ce chef d'armée les avait fait observer en Piémont d'une façon remarquable : parmi les ordonnances qu'il rendit alors, pendant son commandement, figurent celle de ne dérober ni poule ni vivre quelconque, si ce n'est de gré à gré, et en payant ; celle de ne crier ni tirer après la garde assisse[44] ; celle de la peine capitale soit pour les mutins, soit pour ceux qui sans ordre se rendraient à un assaut, à une escarmouche ou autre faction militaire. Au sujet de cette dernière défense, on cite un fait dans lequel Brissac fit condamner le coupable, puis le gracia, et même le récompensa, tant sa conduite, quoique interdite, avait été belle.

De pareilles ordonnances paraissent justes et nécessaires, puisque si nous en croyons Vieilleville[45], l'ordinaire du soldat était de ne pas payer son hôte, ce qui s'explique par le fait qu'il était mal payé lui-même, témoin ce propos de Gaspard de Saulx-Tavanes aux premières pages de ses Mémoires : Le roi prend tout, laisse le reste sans argent ni autorité, désespérant les soldats[46] qui se font tuer en pays étranger.

A propos d'obéissance, signalons l'assertion de Jean de Saulx-Tavanes : Le serment des chevaliers du Saint-Esprit s'adressait plus à la personne royale qu'à l'État ; et comme preuve il atteste que s'il eût accepté cet ordre, qui lui fut offert, il n'eût jamais été de la Ligue.

On récompensait d'ailleurs les braves, on cherchait à rendre meilleur le sort du simple combattant. Rappelons qu'étant à Turin au début de son règne, Henri II décida une pension en faveur des soldats estropiés[47].

 

CONCLUSION

 

Périr sur un champ de bataille était un honneur et un bonheur. Lisez ce passage de Brantôme : M. de Montsallès mourut à la bataille de Jarnac, là où la fortune le favorisa tellement qu'il y mourut vaillamment et glorieusement. Et, disaient les médecins qui l'ouvrirent et l'embaumèrent pour porter son corps plus loin, qu'il n'avait pas de vie dans le corps pour un mois, car il avait le poumon et le foie tout brûlés, gâtés et asseichés. Quel heur grand pour lui, puisqu'il étoit si près de la mort et avoit esté surpris si à propos dans un champ de bataille plutôt que dans lit ! Ah ! qu'heureux sont ceux qui en peuvent faire de même !

Quant à l'art militaire de ce temps, on l'a, ce me semble, trop rabaissé[48] ; il offrait déjà certaines règles dont il fallait tenir compte : François Ier ne perdit-il pas la bataille de Pavie pour avoir masqué le tir de son artillerie[49] ? la défense de Metz ne s'opère-t-elle pas suivant certains principes ?

Et cependant on essuya sous ce roi de terribles défaites. Elles tiennent à l'indolence de la cour, à une grande variabilité dans le gouvernement dominé par les intrigues, par l'exagération des idées chevaleresques, par un certain entêtement à ne pas tenir compte d'un avis[50].

 

 

 



[1] Mémoires de Gaspard de Saulx-Tavanes, édition Michaud et Poujoulat, Paris, 1838, p. 481. Ces Mémoires furent rédigés de 1601 à 1619.

[2] Ordonnance de Philippe le Bel, rendue en 1303.

[3] Et les femmes jusqu'à cinquante, Commentaires, édition du Panthéon littéraire, p. 141. En cet endroit, Montluc met cette maxime : Je veux instruire ceux qui viendront après moy ; car n'estre né que pour soy, c'est en bon françoys estre né une beste.

[4] Commentaires, édition du Panthéon littéraire, p. 108.

[5] Qualité essentielle, quand on songe, au dire de Brantôme, que les soldats espagnols n'obéissaient qu'aux chefs qui leur plaisaient.

[6] Diane de Poitiers à M. de Guise, 8 juillet 1554.

[7] Celui qui fut décapité à Rouen.

[8] Sauf MM. de Lorges et de Jour, morts à 80 ans, de Montluc à 78, etc. Ces trois capitaines ont été blessés, mais il y a des chefs qui ne l'ont jamais été, Montluc en cite en ses Commentaires : inversement, certains officiers semblent attirer les blessures, témoin sous ce règne le capitaine Sainte-Colombe dont on appelait te corps une garenne d'arquebusades.

[9] Milice française, par Daniel, t. I, p. 275 et 276.

[10] Commentaires sur les enseignes, par Beneton, 1742, p. 342.

[11] Discours des Colonels, notice sur Timoléon de Cossé, comte de Brissac.

[12] A l'étranger également : les lances hongroises étaient fort dorées, longues, creuses et faites de pièces rapportées. Voyez Mémoires de Boyvin du Villars, p. 71.

[13] Bardin, Dictionnaire de l'armée de terre, p. 328. Walter Scott cite Paraira. Sur les armures, lisez le chap. XXV de son roman intitulé Charles le Téméraire (ou Anne de Geierstein).

[14] Ce chiffre de six mille Gascons parait habituel pour l'époque, car à la bataille de Cérisoles (1554) c'est déjà ce nombre. Un seul régiment, celui de Charny, contient jusqu'à 300 Gascons.

[15] Terze traduction française du mot espagnol tercio.

[16] Histoire de la milice française par Daniel, t. I, p. 266 ; — La Noue, 11e discours ; — Carrion Nisas, Histoire de l'art militaire, 1824, t. I, p. 498 ; — Commentaires sur les enseignes, par Beneton, p. 316.

[17] La ligue à Limoges, par M. Louis Guilbert, 1884, p. 51.

[18] Bannis de leur province, condamnés par la justice, exécutés en effigie, ou même seulement poursuivis pour meurtre, pour violences, pour brigandage.

[19] Histoire de l'esprit révolutionnaire des nobles en France (par Giraud, ancien magistrat), in-8°, Paris, 1818, chez Baudoin, livre IV, chap. XXXVII, t. II, p. 93.

[20] Monteil, Histoire des Français des divers états, XVIe siècle, section 41, édition in-8°, t. V, p. 380.

[21] Composition des armées de Charles le Téméraire, par M. de La Chauvelays, Mémoires de l'Académie de Dijon, 3e série, t. V, 1878-1879, p. 297.

[22] Feuillet 677 au verso et feuillet 678 au recto de sa traduction annotée de l'Art militaire d'Onosander, 1605. Ce chap. 36 de Vigenère a été réimprimé, en 1829, chez Anselin, sous ce titre : De l'artillerie au XVIe siècle.

[23] Art militaire d'Onosander, feuillet 680, au recto.

[24] Comme étant établi sur la terre ferme, sur le terrain naturel, tandis que le défenseur occupe des remparts élevés.

[25] Lettres de Diane de Poitiers, p. 101.

[26] Sur l'artillerie de cette époque reportez-vous à mon Histoire de l'art de la guerre, t. II, 1864, p. 76, et à mon Histoire de Henri IV, 1884, chez Didier, p. 270.

[27] Nous citons d'autres ingénieurs : Histoire de Charles IX, p. 511 ; — Histoire de Henri III, p. 303 ; — Histoire de Henri IV, p. 6273.

[28] Suivant lui, trente ans auparavant, il existait encore des places imprenables, tout au moins très malaisées à espugner. Aujourd'hui, ajoute-t-il, nulle sans secours ne résiste pas, p. 179. Le même auteur, p. 191, parle de la nécessité où l'on sera d'augmenter les pièces défensives du combattant si les armes offensives continuent de se multiplier et de grandir comme elles font.

[29] Le fossé de Corfou mesurait 60 pieds de profondeur.

[30] Lettre au duc d'Anjou, de Sens, le 1er février 1568 ; il est question du pont de Joigny.

[31] Edition du Panthéon littéraire, p. 84.

[32] Il ne fut jamais entièrement abandonné.

[33] Il y avait vingt-quatre violons en tète de nos colonnes. Lisez le chap. 8 des Mémoires de Gramont, par Hamilton. Au début de ce chapitre Hamilton abuse du mot goguenarder, sans doute alors à la mode.

[34] Lisez, par exemple, les Mémoires de Martin du Bellay, au début du livre Ier, prise et ruine de Thérouanne (après la journée des Éperons, déroute qui eut lieu à Guinegate le 16 août 1513).

[35] Lettres de Dianne de Poytiers, par Guiffrey, p. 106. Voyez aussi p. 120 : à l'égard de la note 2 de cette page, remarquons que Boyvin du Villars en dit plus, aux p. 141 et 142 de ses Mémoires cités souvent, que le maréchal de Brissac en sa lettre du 20 janvier 1552 adressée au duc de Guise.

[36] Pour sa brillante conduite à ce siège, Montluc obtint le collier de l'ordre de Saint-Michel, une pension de 2.000 livres, 3.000 livres de rente sur le domaine royal, 3.000 écus argent comptant et deux places de conseiller au Parlement de Toulouse, dont il fit argent pour la dot de sa fille. En somme, dit-il, j'eus ce que je demandai. Ajoutons que Henri II à son lever, lorsqu'il lui fut présenté par le duc de Guise, l'embrassa longuement à deux bras.

[37] Édition originale, 1606, p. 654.

[38] Ou au fort d'Outreau, à Calais.

[39] Mémoires de Jehan Mallet dans les Monuments inédits sur l'histoire de France, de 1400 à 1600, publiés par Adhelm Bernier, Paris et Senlis, 1835, p. 49 et 50.

[40] Commentaires, année 1554, p. 132.

[41] La reine envoyait en même temps de l'argent pour les six enseignes sises à Avesnes, recommandant d'étendre le dit argent le plus possible, en d'autres termes de le répartir de préférence entre les simples soldats.

[42] Lettre de Gaspard de Tavanes au duc de Guise, 6 janvier 1557 ; — d'Aubigné, Histoire, I, 10.

[43] La vague décumane est une vague violente ; Rabelais, début du chap. XXIII du livre IV. Le chap. LXI de ce livre parle des forteresses ; l'auteur y déclare que de son temps les ingénieurs comprennent mal les catapultes et autres machines usitées chez les anciens.

[44] C'est-à-dire le campement pris définitivement et occupé.

[45] Mémoires, III, 14. Voyez le début du chap. XII.

[46] Mémoires, III, 9.

[47] Reportez-vous à notre chap. Ier.

[48] Par exemple, Lacretelle, au début du livre II.

[49] François Ier et ses actions de guerre, 1871, p. 40.

[50] Témoin le connétable à la journée de Saint-Quentin : le lieutenant de sa compagnie de gendarmes lui avait conseillé, dès qu'il effectuait sa retraite, de s'alléger, mais lui n'en tint, compte. Plus tard, à la première charge, il dit à cet officier : Que ferons-nous ?Je n'en sais rien, riposta celui-ci ; il y a deux heures que je le savais bien. D'Aubigné, Histoire, livre Ier, chap. X.